Le Monde des Arts Martiaux Chapitre 115

Chapitre 115: Zhang Guanyu

« Pas vraiment », dit Lin Ming en esquissant un sourire.
« Tout ici est trop confortable et luxueux. Les jours simples et tranquilles de la Maison Martiale sont bien plus propices à la cultivation. »
« Eh bien… quelle assiduité ! Mais tu sais, il faut parfois prendre le temps de se reposer ; ce n’est pas parce que tu tends la corde d’un arc davantage que celui tirera mieux. Un certain degré de relaxation ne peut qu’être bénéfique. Quoiqu’il en soit, si ton choix est fait, permets-moi au moins de te faire accompagner », lui dit le Prince Héritier avant de commander à certains de ses gardes de l’escorter jusqu’à la Maison Martiale.
Alors qu’elles étaient soulagées de voir Lin Ming partir, les quatre servantes ressentirent une certaine déception. Cela faisait des jours que des centaines de personnes s’affairaient à préparer et nettoyer méticuleusement le manoir, pourtant, Lin Ming n’avait fait que jeter un coup d’œil et n’avait même pas pris le temps de s’asseoir.
Néanmoins, la propriété lui appartenait désormais et, qu’importe qu’il y vienne ou non, le personnel allait devoir continuer à faire en sorte que tout soit impeccable.

Dans une salle somptueusement décorée, un jeune homme d’une incroyable beauté reposait paresseusement sur un matelas en soie, la tête appuyée contre un oreiller. Ses mains étreignaient avec avidité le corps d’une beauté enchanteresse aux atouts charmeurs. Au pied du lit, une jeune et charmante servante lui massait les jambes tandis qu’une autre cueillait des raisins et venait les lui déposer en bouche de ses doigts fins.
Cet homme n’était ni plus ni moins que le candidat à la troisième place de la Pierre de Classement de la Maison Martiale des Sept Véritables, Zhang Guanyu. Excepté les disciples principaux, c’était le seul du royaume à avoir un talent martial de grade cinq.
Non seulement cela, mais Zhang Guanyu avait été élevé et soutenu par l’association de l’Union Commerciale. Tout laissait d’ailleurs à penser qu’il finirait par en devenir président.
L’association de l’Union Commerciale était une large organisation présente à la fois dans le Royaume du Grand Avenir et dans plusieurs autres pays limitrophes. Son existence remontait encore plus loin que l’apparition de la première dynastie du royaume. Son histoire était riche et sa puissance inimaginable.
Des jeunes artistes martiaux du royaume, le talent de Zhang Guanyu n’était inférieur qu’à celui de Qin Xingxuan. L’on pouvait vraiment dire qu’il était béni des dieux. Les femmes, l’argent et le pouvoir, tout était à sa portée.
Pourtant, malgré toutes les ressources dont disposait l’Union Commerciale et malgré son talent exceptionnel, Zhang Guanyu n’avait encore rien réalisé d’extraordinaire. Il n’était d’ailleurs que troisième sur la Pierre de Classement, derrière Ling Sen et Ta Ku.
Concernant Ling Sen, c’était compréhensible ; celui-ci disposait de son intuition martiale Asura et sa force était aussi impressionnante qu’elle était anormale.
Mais Ta Ku ne disposait quant à lui que d’un talent de grade quatre de qualité supérieure. Quoiqu’il eût la force divine native, son talent était inférieur à celui de Zhang Guanyu et les ressources dont il disposait étaient bien plus limitées. Par conséquent, la logique aurait voulu que Zhang Guanyu soit deuxième. Mais il en était ainsi et tout le monde s’accordait à dire que le cœur des arts martiaux de ce dernier était trop faible et qu’il menait une vie de débauche.
Lors de l’Epreuve du Rêve, les résultats de Zhang Guanyu avaient été particulièrement mauvais. Pourtant, l’association de l’Union Commerciale ne pouvait pas le contraindre à l’abstinence ; un artiste martial devant toujours suivre son cœur et son âme. Si un artiste martial était forcé d’agir contre sa nature, cela révolterait son cœur et entraverait sa cultivation.
Face à cette situation, l’Union Commerciale était parvenue à trouver une solution. Il s’agissait tout simplement de laisser Zhang Guanyu pratiquer les méthodes d’entraînement de la faction Acacia des Sept Profondes Vallées.
Cependant, les méthodes de haut niveaux n’étaient transmises qu’aux disciples principaux. Par conséquent, les autres devaient se contenter d’étudier les branches subsidiaires. Mais c’était sans compter l’étendue de l’influence dont jouissait la famille de Zhang Guanyu. L’Union Commerciale, forte d’un vaste réseau, avait eu recours à des méthodes malfaisantes pour persuader la faction Acacia de leur transmettre une partie de leur manuel de méthode d’entraînement primordial afin que Zhang Guanyu puisse l’étudier. Depuis, seulement six mois s’étaient écoulés et sa cultivation avait déjà nettement progressé.
Zhang Guanyu était comme un poisson dans l’eau. Il s’abandonnait quotidiennement aux plaisirs de la chair et sa cultivation progressait de jour en jour. C’était un rêve éveillé où festivités et plaisirs charnels se vautraient inlassablement dans un confort démesuré.
Ce soir, alors qu’il s’apprêtait à profiter de la compagnie de deux superbes concubines, Zhang Guanyu reçut des nouvelles de la Maison Martiale des Sept Véritables. Lin Ming allait le défier dans les quatre mois à venir.
« Comment ? Quatre mois pour me défier et me battre ? »
Dans son cœur, des flammes de colère se substituèrent à celles du désir. Pour qui la Maison Martiale le prenait-il, une sorte de pierre à aiguiser ?
« Haha, c’est bien cela ! L’Aîné Wang s’est rendu directement au palais du Prince Héritier pour transmettre le décret des Sept Véritables à Lin Ming et l’informer des modalités du test. Il doit atteindre le sommet de l’étape du Renforcement Musculaire avant ses seize ans ou l’étape du Façonnage Osseux avant ses dix-huit ans. De plus, s’il parvient à atteindre le top dix de la Pierre de Classement dans les trois prochains mois, qu’il parvient à te battre dans les quatre prochains mois, à battre Ta Ku dans les cinq prochains mois ou Lin Sen dans les six prochains mois, alors il recevra des récompenses supplémentaires ; et non des moindres ! »
Celui qui venait de parler était un homme d’une vingtaine d’années. C’était l’un des sept disciples principaux de la Maison Martiale des Sept Véritables du royaume ; il s’appelait Zhou Yu. Issu d’une famille d’artistes martiaux qui pratiquait également les méthodes d’entraînement de la faction Acacia, Zhang Guanyu et lui entretenaient de bonnes relations.
« Humph ! Ils veulent se servir de moi comme d’un outil à aiguiser ? Eh bien, soit ! Mais je briserai cette épée ! Ce Lin Ming est devenu trop arrogant ! Un gamin au talent dérisoire de grade trois qui ose prétendre au titre de génie du siècle de la Maison Martiale, quelle blague ! »
Il avait beau n’être que troisième sur la Pierre de Classement, Zhang Guanyu restait le deuxième plus grand talent de la jeune génération du royaume, après Qin Xingxuan. Celle-ci étant une femme, Zhang Guanyu ne l’enviait pas. A vrai dire, il n’enviait aucune femme ; il lui suffisait de partager l’intimité de l’une d’elle pour en obtenir le talent. Et s’il lui était impossible d’atteindre une femme, cela lui était supportable ; à condition qu’aucun autre homme ne le pût.
Mais ce Lin Ming était différent. Il lui avait volé la vedette. Désormais, toute l’attention des forces de pouvoirs et des artistes martiaux de la Ville du Grand Avenir était centrée sur lui. Qui se souvenait encore de quelqu’un comme Zhang Guanyu ?
Il avait beau être troisième sur la Pierre de Classement et avoir un talent supérieur à quasiment tout le monde ; les gens prêtaient plus d’importance aux résultats qu’au talent. L’on n’entendait plus, dans les rues et les allées de la capitale, que le nom de Lin Ming lorsqu’il était fait mention de la jeune génération. Sa seule mention suffisait à agacer Zhang Guanyu.
Et maintenant, l’annonce de ce test et les conditions ridicules qui l’accompagnaient ne firent qu’aggraver son mécontentement. Ils prévoyaient de l’utiliser comme un tremplin afin d’aider Lin Ming à devenir un génie. Cela ne fit que susciter la colère de Zhang Guanyu. Il avait toujours été supérieur, depuis quand était-ce au tour des autres de le piétiner ?
« Bravo ! Quel Maître de la Maison Martiale ! Puisque vous osez vous servir de moi comme d’un marchepied humain, je piétinerai sans aucune pitié celui que vous avez choisi avec tant d’attention. C’est très bien comme cela ; j’ai déjà atteint le large succès du premier échelon du Pouvoir Acacia Divin. Je vais vous montrer la disparité qui sépare un talent de grade trois d’un talent de grade cinq ! »
Le visage de Zhang Guanyu afficha une grimace odieuse. D’une main, il saisit la poitrine de la beauté enchanteresse et, de l’autre main, amena à lui la servante qui lui donnait du raisin. Les deux femmes eurent un sursaut de surprise et ils se retrouvèrent tous les trois étendus sur le matelas soyeux. Une fois les rideaux tirés, Zhang Guanyu se mit à déchirer leurs vêtements avec un entrain et un sourire diabolique.
Son cœur bouillonnait de colère, qu’il lui fallait naturellement évacuer d’une façon ou d’une autre. Dans son cas, la méthode était directe, Zhang Guanyu épanchait toute sa rage dans le corps des femmes.
Zhou Yu secoua légèrement la tête en entendant les bruits tendres et les gémissements et, ne se faisant pas prier, tourna les talons et partit.
Il connaissait Zhang Guanyu depuis longtemps et avait par conséquent une assez bonne idée de son degré de maturité. Jamais celui-ci n’accepterait de servir de marchepied à un autre homme. Mais maintenant que la Maison Martiale l’avait mis en confrontation avec Lin Ming, Zhang Guanyu allait très certainement prendre des mesures pour s’en prendre à lui.
L’arrogance de Zhang Guanyu n’avait d’égale, voire de supérieure, que sa nature possessive. Il était de ce genre d’individus qui souhaiteraient posséder toutes les beautés et les richesses de ce monde. Il n’accepterait pas la défaite sur le postulat du potentiel sans limite des réussites futures de Lin Ming.
Quoiqu’il fût de piètre vertu, voire carrément immoral et dépravé, en plus de déborder d’arrogance, Zhang Guanyu avait tout de même grandi parmi une kyrielle d’individus talentueux. Il avait été élevé dans l’environnement complexe et sophistiqué de l’association de l’Union Commerciale, ce qui ne l’avait pourtant pas empêché de se hisser au sommet. Bien que la raison principale résidât dans son talent hors-pair, Zhang Guanyu était loin d’être un idiot.
Si Zhang Guanyu méprisait quelqu’un, le sort de cette personne risquait d’être bien misérable ; Zhou Yu le savait mieux que quiconque. Zhang Guanyu pouvait être effrayant ! Dans ce monde, il était dangereux de provoquer deux types d’artistes martiaux – les maniaques et les dégénérés. La première catégorie correspondait à ceux dont le cœur battait uniquement pour les arts martiaux, tel que Ling Sen, et dont la force était terrifiante. Quant à la seconde, c’étaient des fous insensés présentant une disposition naturelle à la paranoïa, qui n’hésitaient pas à ôter la vie. Sans surprise, Zhang Guanyu appartenait à la seconde catégorie.
Le fort craint le déraisonnable, le déraisonnable le suicidaire, et le suicidaire le fou furieux. Zhang Guanyu était un fou furieux. Si quelqu’un se jetait sur lui pour le poignarder, il n’essaierait pas de parer ou d’esquiver, il accueillerait la douleur avec un enthousiasme insensé avant d’égorger celui qui l’avait attaqué.
Aucun homme normalement constitué n’oserait se battre face à un tel psychopathe.
‘Zhang Guanyu s’en prendra très probablement à Lin Ming avant que ces quatre mois de ne soient écoulés, mais je me demande bien de quelle manière…’ se dit Zhou Yu, un sourire curieux sur les lèvres.
Lin Ming souhaitait devenir disciple principal ? C’était plus facile à dire qu’à faire, il allait d’abord devoir surmonter l’obstacle nommé Zhang Guanyu.

La nuit était déjà bien entamée quand Lin Ming finit par rejoindre sa chambre à la Maison Martiale des Sept Véritables. Il regarda avec attention l’anneau spatial qu’il tenait dans la main ; dans lequel reposait déjà de l’or et des pierres de véritable énergie. Quoiqu’instable, l’espace interne d’un anneau spatial ne pouvait pas s’effondrer soudainement, à moins que l’anneau en lui-même ne soit détruit. Les artistes martiaux étaient capables de ressentir lorsqu’un anneau spatial commençait à s’affaiblir. Par conséquent, il n’arrivait jamais que quelqu’un perde brusquement tout le contenu de son anneau spatial.
Lin Ming avait déjà accumulé plus de deux cents pierres de véritable énergie. Il en avait reçu de la part du Prince Héritier, de Wang Gan, ainsi qu’en récompense pour avoir rejoint le Domaine Céleste. De nombreuses personnes influentes essayèrent également de lui en offrir, mais Lin Ming refusa systématiquement. Il préférait ne pas devoir quoi que ce soit à ces gens-là, de sorte à conserver son indépendance et à éviter des conflits éventuels.
De toute manière, il disposait déjà d’un très grand nombre de pierre de véritable énergie ; en plus d’un accès quasi sans limite aux sept matrices mortelles majeures. Néanmoins, parvenir à dépasser Zhang Guanyu en quatre mois s’avérerait particulièrement ardu.
Lin Ming avait pensé à une nouvelle voie – le symbole d’inscription corporelle.
Il existait quatre types de symboles d’inscription dans le Domaine des Dieux. L’inscription matérielle, médicinale, corporelle et enfin spirituelle.
Chaque type d’inscription était plus difficile à réaliser que le précédent. Même pour Lin Ming, les symboles d’inscription spirituelle semblaient ésotériques.
A l’heure actuelle, il avait seulement appris les fondements de l’inscription matérielle et médicinale ; les plans de l’inscription corporelle nécessitant une réserve de véritable énergie plus importante. Réserve qui était jusqu’alors insuffisante. Mais maintenant qu’il avait atteint le deuxième échelon de la formule de l’Authentique Chaos Primordial et que sa cultivation en était au large succès de l’Entraînement des Entrailles, Lin Ming commençait à être confiant quant au fait de parvenir à tracer ce genre de symbole.

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