Le Monde des Arts Martiaux Chapitre 110

Chapitre 110: Le Décret des Sept Véritables

Qin Xingxuan portait une élégante robe de soirée d’un blanc pur. Cette robe semblait peu sophistiquée par rapport à toutes celles des autres convives. Le dos n’était pas ouvert, ni trop bas, et seules ses épaules à la peau lisse et délicate étaient découvertes. Mais, quoique son apparence encore innocente ne fût pas pleinement mature, ses courbes voluptueuses étaient déjà soulignées. La traîne de sa robe s’étendait loin derrière elle, laissant dans son sillage comme le fil d’un cours d’eau.

C’était la première fois que Lin Ming la voyait dans une tenue aussi splendide. Chaque rencontre semblait la magnifier. D’abord au département de la Cithare, lorsqu’elle était apparue entourée d’un groupe d’étudiantes ; elle lui avait alors semblé vertueuse. Et maintenant à ce banquet, sous son regard captivé, Qin Xingxuan dégageait un air de grâce et d’élégance naturel. Lin Ming se perdit alors dans ses pensées et se demanda s’il la verrait un jour dans l’armée et à quoi elle ressemblerait en uniforme.

L’apparition de Qin Xingxuan attira immédiatement l’attention, presque autant que Lin Ming un peu plus tôt.

Cependant, sans qu’ils ne la quittent des yeux, aucun de ces nobles jeunes hommes n’osa s’approcher. Qin Xingxuan représentait un idéal trop abstrait. C’était comme nourrir l’espoir d’épouser la princesse d’un empire.

« Professeur », s’empressa de saluer Yang Lin en marchant vers eux pour les accueillir.

« Haha, j’arrive un peu tard », dit Muyi avec un léger sourire. Puis son regard balaya la foule avant de s’arrêter sur quelqu’un en particulier. « Petit frère Lin, nous nous rencontrons à nouveau. »

« Monsieur Muyi. » Lin Ming fut soulagé. Se dégageant du groupe agglutiné autour de lui, il se dirigea vers Muyi ; ce qui eut pour effet de calmer les ardeurs des jeunes filles qui le pressaient jusqu’à maintenant.

Muyi jeta un coup d’œil dans leur direction et prit un air goguenard : « Je ne te dérange pas, n’est-ce pas ? »

Lin Ming lui répondit impuissant : « N’en rajoutez pas s’il vous plaît Monsieur Muyi. »

« Haha, ce n’est pas parce que la tradition dans le royaume est de se marier à dix-huit ans que de nombreux jeunes hommes de seize ans ne sont pas déjà pères. Tu devrais considérer la chose d’ici quelques mois, lorsque tu auras seize ans, et laisse-moi insister ! »

« Um… Je n’envisage pas de me marier aussi tôt. » Depuis ses adieux à Lan Yunyue, Lin Ming avait pris la décision de se dédier corps et âme à poursuivre le sommet des arts martiaux. Par conséquent, il ne prévoyait pas du tout de se marier à l’heure actuelle.

Etonnamment, Qin Xingxuan prit alors la parole avec un sourire malicieux :

« Lin Ming, les mots qui sortent de ta bouche trahissent ceux de ton cœur. Je me souviens que tu es resté particulièrement longtemps à l’étape du Désir lors de l’Epreuve du Rêve. Je me demande quelle fille chanceuse a bien pu perturber ta volonté pendant si longtemps ? » Qin Xingxuan n’avait pas réalisé le caractère embarrassant de sa question. Pour elle, même une princesse consentirait avec joie aux avances de Lin Ming ; sans envisager un instant qu’il ait pu s’agir d’elle.

Lin Ming sentit un élan de chaleur lui monter à la tête et il rougit comme cela ne lui était jamais arrivé. Il ressemblait presque à une tomate.

De quelle fille avait-il rêvé ?

Comment pourrait-il répondre à cette question ?

« Ça suffit Xingxuan ! Ne taquine pas trop petit frère Lin. Mm, au fait, le Prince souhaiterait te voir à la fin du banquet. »

« Oh. Entendu. » Lin Ming ne déclina point. A vrai dire, il s’y attendait. Le fait d’avoir accepté de venir au banquet signifiait déjà qu’il n’avait pas l’intention de refuser.

Lin Ming discuta un moment avec ces deux-là, tandis que la présence de Qin Xingxuan suffisait à tenir à distance toutes les autres filles. Même le tempérament de Murong Zi s’était effacé devant la beauté de Qin Xingxuan.

A ce moment-là, une nouvelle annonce retentit, « l’Intendant en Chef du Palais, Aîné Wang ! »

L’aîné Wang ?Se répéta Yang Lin, surpris. Que venait-il faire ici ? Ce n’était pas dans ses habitudes de quitter le palais. Il le faisait généralement pour transmettre un décret royal.

Le roi souhaitait-il conférer un rang à Lin Ming et l’honorer d’un titre ?

Tandis que Yang Lin réfléchissait, Aîné Wang avait déjà pénétré dans le hall. Il portait une opulente robe de brocart jaune et tenait un fouet dans la main gauche. Son autre main était un peu relevée et renfermait un brillant jeton doré. L’on pouvait y discerner trois caractères – Décret Sept Véritables.

Le décret des Sept Véritables ? Etait-ce un commandement émanant de la secte ?

Yang Lin fut surpris de plus belle, d’un point de vu hiérarchique, c’était encore plus important qu’un décret royal.

Malgré sa fonction d’Intendant en Chef du Palais, l’aîné Wang était également responsable de certaines affaires pour le compte de la Maison Martiale des Sept Véritables. Il avait rejoint le palais à l’âge de six ans, avant d’être envoyé par la suite à la Maison Martiale grâce à son talent martial exceptionnel. En tant qu’eunuque, son cœur était resté pur et il avait rapidement progressé dans les arts martiaux, jusqu’à atteindre le sommet de la Condensation de l’Impulsion où il se trouvait désormais. En qualité d’intendant en chef, c’est lui qui dirigeait l’ensemble du personnel au service du bon fonctionnement du palais, mais il en était également l’un des protecteurs.

C’était également lui qui jouait le rôle d’intermédiaire entre la secte et la famille royale, en transmettant les décrets des Sept Profondes Vallées.

Aîné Wang regarda Lin Ming et sourit.

« Petit frère Lin est chanceux. Hier, le Maître de la Maison Martiale a demandé à ce que tu obtiennes le statut de disciple principal. Le décret des Sept Véritables a été envoyé ce matin, il comporte les conditions du test. Le Maître n’étant pas à la Maison Martiale pour le moment, c’est à moi qu’il incombe de te transmettre ces informations. Je viens seulement de découvrir que petit frère Lin était présent au banquet du Prince Héritier, je me suis donc précipité ici pour pouvoir te voir. As-tu l’intention de devenir un disciple principal de la Maison Martiale des Sept véritables ? » lui demanda-t-il.

Un vent de stupeur traversa la salle. Disciple principal !

Certains s’attendaient à ce que cela arrive tôt ou tard, mais personne n’avait imaginé que ça puisse être aussi rapide.

Devenir un disciple principal signifiait énormément pour quelqu’un venant du Royaume du Grand Avenir. S’il choisissait par la suite de demander à être renvoyé dans le royaume en tant que Maître de la Maison Martiale ou en tant qu’Emissaire des Sept Véritables, cela revenait à devenir le maître absolu du royaume.

Néanmoins, le test pour devenir un disciple principal était loin d’être évident. Ling Sen lui-même avait échoué en son temps.

Lin Ming pouvait-il y arriver, lui dont le talent était inférieur d’un grade entier à celui de Ling Sen ? Les gens présents ici en doutaient. Si ce n’est pour son talent naturel, Lin Ming pouvait être considéré comme un monstre dans tous les autres domaines. Mais rien n’avait plus de valeur aux yeux des Sept Profondes Vallées que le talent naturel d’un artiste martial.

Lin Ming répondit sans une once d’hésitation : « Je veux devenir un disciple principal ! »

Pour poursuivre son objectif et marcher vers le sommet des arts martiaux, Lin Ming devait rejoindre une secte ; sans quoi il n’aurait jamais les ressources nécessaires. Sans mentionner des éléments comme les sept matrices mortelles majeures, les pierres de véritable énergie ou les pilules de haute qualité, passer du Houtian au Xiantian nécessitait d’utiliser une Pilule d’Ouverture Céleste ; pour se débarrasser du Qi contaminé accumulé dans le corps. Seules les sectes les plus importantes possédaient de telles pilules. L’or n’ayant plus aucune valeur d’échange contre des biens de ce genre.

« Très bien », sourit l’aîné Wang. Il se mit à rire de sa voix aiguë et mélodieuse et reprit :

« Alors laisse-moi t’annoncer le contenu du décret des Sept Véritables. Lin Ming, à compter d’aujourd’hui et selon ce commandement, ton test pour devenir un disciple principal a officiellement commencé. Si Monsieur Lin parvient à atteindre le sommet de l’Entraînement Musculaire avant ses seize ans, ou l’étape du Façonnage Osseux d’ici à ses dix-huit ans, alors il pourra devenir un disciple principal. L’inverse équivaudrait à un échec pur et simple.

En plus de ces exigences, le Maître de la Maison Martiale a accepté de fournir quelques récompenses supplémentaires. A compter d’aujourd’hui, si Monsieur Lin parvient à accéder au top dix de la Pierre de Classement en trois mois, alors il obtiendra une lance prodigieuse du degré humain de grade moyen, la Lance Souple des Profondeurs.

S’il parvint à défaire Zhang Guanyu dans les quatre mois, alors il obtiendra un Lingzhi de Sang vieux de cinq siècles.

S’il parvint à défaire Ta Ku dans les cinq mois, alors il obtiendra une Pilule Miraculeuse Bleue.

Et s’il parvint finalement à défaire Ling Sen dans les six mois, alors il obtiendra une bouteille d’Ichor Spirituel.

Evidemment, si Monsieur Lin parvint à réaliser tous ces défis, il obtiendra toutes les récompenses. Tu as bien compris ? » demanda aîné Wang à Lin Ming en souriant tandis qu’il repliait le décret.

Une lance du degré humain de grade moyen, un Lingzhi de Sang vieux de cinq siècles, une Pilule Miraculeuse Bleue et une bouteille d’Ichor Spirituel !

Tous ceux présents eurent le souffle coupé à l’énumération de ces récompenses.

La Lance Souple des Profondeurs par exemple, ce n’était pas la meilleure récompense de la Maison Martiale, et pourtant, c’était un objet inestimable au sein du Royaume du grand Avenir.

Une épée ou un sabre prodigieux ordinaire du degré humain de grade moyen coûtait environ dix à vingt mille taels d’or. Pourtant, cette lance prodigieuse du degré humain de grade moyen valait au moins plusieurs fois ce montant. Plus important encore, quand bien même quelqu’un aurait tout cet argent qu’il n’en trouverait pas une seule à acheter dans le royaume.

Des armes comme la lance ou l’arc devaient être rigides et élastiques à la fois. Ce qui les rendait bien plus complexe à réaliser, d’autant plus pour obtenir des armes prodigieuses. Même les généraux n’avaient, la plupart du temps, pas de lance prodigieuse ; ou alors il s’agissait de lance prodigieuses rigides, ce qui facilitait la fabrication et réduisait les coûts. A la place, ces derniers utilisaient plus fréquemment une lance comme celle de Lin Ming, fabriquée en fer élastique violet noirâtre.

Bien que la plupart des gens présents n’eussent jamais entendu parler de la Lance Souple des Profondeurs, le mot souple dans son nom suffisait à déduire le caractère élastique.

Une lance prodigieuse du degré humain de grade moyen élastique, sa valeur était inimaginable !

Et puis ce Lingzhi de sang vieux de cinq siècles. La plupart des Lingzhi de sang ne pouvaient pas dépasser trois siècles. S’ils n’étaient pas ramassés à partir de cet âge-là, alors ils fanaient et mourraient rapidement. En trouver un de quatre siècle relevait déjà du miracle. Par conséquent, il n’était tout bonnement pas possible de trouver un Lingzhi de sang vieux de cinq siècles dans le monde des mortels. Seules les plus grandes sectes connaissaient des méthodes capables d’en allonger la longévité à ce point. Ce type de Lingzhi servait à nourrir le Qi présent dans le sang et le corps au sens large, ce qui augmentait la force et la vigueur.

C’était le genre de médecines miraculeuses dont rêvaient tous les artistes martiaux en quête de force.

Quant à la Pilule Miraculeuse Bleue et la bouteille d’Ichor Spirituel, personne ici ne savait précisément de quoi il s’agissait. Toutefois, il était facile d’en imaginer la valeur, considérant les défis encore plus difficiles qu’exigeait leur obtention.

Quoique toutes ces récompenses pussent être tentantes, personne n’envia réellement Lin Ming. Les exigences dépassaient l’entendement.

Atteindre le top dix de la Pierre de Classement en trois mois !

Vaincre Zhang Guanyu en quatre mois, Ta Ku en cinq et Ling Sen en six !

Parvenir à réussir tous ces défis semblait plus difficile que de s’élever dans les cieux, et chacun d’entre eux poussait la difficulté en avant.

La première tâche, qui était la plus simple des quatre, paraissait déjà impossible à de nombreuses personnes. Lin Ming n’était à la Maison Martiale des Sept Véritables que depuis deux mois. Lui laisser trois mois pour atteindre le top dix correspondait à lui demander de s’y hisser en cinq mois à partir du moment où il rejoignait l’école. Personne n’aurait jamais osé imaginer une telle chose.

Plus votre rang dans le classement était élevé, plus la tâche devenait difficile et la compétition féroce. Le top dix n’avait, par exemple, rien à voir avec le top trente, c’était deux mondes à part.

Toutefois, malgré la difficulté du défi, certaines personnes étaient prêtes à en croire Lin Ming capable. Ces derniers lui reconnaissaient son talent et s’attendaient à le voir réaliser de grandes choses dans le futur, d’où ce maigre espoir.

Quant à vaincre les trois premiers du classement en respectivement, quatre, cinq et six mois, personne n’était prêt à ne serait-ce que l’envisager ; c’était absurde !

Ces trois individus étaient des existences sans commune mesure avec le reste des disciples du Domaine Céleste, ils ne jouaient pas dans la même cour. Zhang Guanyu et Ta Ku étaient des monstres à l’étape du Façonnage Osseux, là où le disciple à la quatrième place n’en était qu’au sommet de l’Entraînement Musculaire. Le gouffre entre la force de ces deux-là et celle du disciple à la quatrième place était colossale.

Zhang Guanyu était connu parmi les disciples de la Maison Martiale pour être le plus rapide, et Ta Ku le plus fort.

Et pourtant, Ling Sen était bien le plus terrifiant des trois. Polyvalent, il excellait dans tous les domaines du combat. C’était impossible de réussir à le vaincre en six mois !

Les individus présents au banquet n’étaient pas des gens ordinaires, ils avaient de nombreuses informations concernant tel ou tel disciple.

Et si Lin Ming possédait bien une inspiration martiale, c’était également le cas de Ling Sen !

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