Le Monde des Arts Martiaux Chapitre 108

Chapitre 108: Le grand banquet

Ce Lin Ming, il a tout juste commencé à progresser qu’il bénéficie déjà d’une telle aura autour de lui. Ma succession pour le trône sera bien plus tranquille s’il accepte de m’aider.

Alors qu’il réévaluait la situation, Yang Lin commença à s’inquiéter de la manière dont tout cela allait se terminer. Jusqu’à maintenant, Lin Ming semblait menacé par Zhu Yan. Avec le risque que ce dernier ne s’en prenne à lui, Yang Lin avait pensé lui servir de soutien, de protecteur. Mais Lin Ming avait fait de tels progrès en un seul mois que la situation était désormais bien différente.

Son influence grandissant, il avait gagné le soutien de la Maison Martiale des Sept Véritables. Plus personne n’oserait s’en prendre à lui sans précautions particulières. Il allait très probablement devenir un personnage important dans les années à venir, fort d’un grand pouvoir. Avec un tel bagage, il n’avait pas besoin de se rattacher à un tiers.

« Haha, ça fait bien longtemps que je n’avais pas vu votre Altesse le Prince Héritier », dit chaleureusement et en faisant révérence le Marquis Martial du Sud à Yang Lin aussitôt qu’il le vit.

Bien qu’il ne soit pas tenu d’accepter l’invitation du Prince Héritier, l’usage voulait quand même qu’il le saluât dans les règles s’il le rencontrait. Il n’avait après tout que le titre de Marquis. Titre de Marquis au-dessus duquel se trouvait celui de Duc, puis de Prince. Quant à Yang Lin, en qualité d’Héritier, son statut était encore supérieur à celui des autres Princes.

Malgré tous ces rangs différents au sein la noblesse, un titre n’était jamais qu’un titre. Cela faisait partie d’une symbolique mais n’était pas nécessairement synonyme de pouvoir. Dans la Ville du Grand Avenir, l’influence d’un individu n’avait que peu à voir avec son titre, mais était plutôt fonction de la position qu’il exerçait, de sa force et de son autorité militaire. De ce fait, même Yang Lin se devait de saluer poliment le Marquis Martial du Sud, considérant le prestige militaire de ce dernier.

Il s’empressa d’aller à sa rencontre et lui dit :

« N’agissez pas en étranger, Marquis Martial du Sud. Profitez de ce grand banquet à votre convenance. Toute cette courtoise n’est pas nécessaire, vous êtes l’un des dix grands généraux de mon Royaume du Grand Avenir et votre cultivation en est à l’étape de la Condensation de l’Impulsion. Ce prince a toujours souhaité être en bons termes avec l’honorable Marquis Martial du Sud. C’est une excellente surprise que de vous voir ici ! »

« Des affaires militaires m’ont retenues au cours de ces derniers jours, mais je ne pouvais pas me soustraire à l’invitation de votre Altesse », lui répondit simplement le Marquis. Yang Lin n’insista pas et offrit un siège d’honneur au Marquis.

« Le Chef des Gardes Royaux de la Ville du Grand Avenir, le Seigneur Wang, vient d’arriver ! »

Le crieur venait d’annoncer une autre arrivée. Yang Lin fronça immédiatement les sourcils. Le Chef des Gardes Royaux de la Ville du Grand Avenir, Wang Gan ?

Ce vieux renard sournois est venu ? Se demanda Yang Lin surpris. La venue de Wang Gan était encore moins attendue que celle du Marquis Martial du Sud. Elle ne l’était même pas du tout, vu qu’il n’avait pas été invité.

Il était donc venu sans avoir été convié, à une période aussi sensible. Wang Gan avait osé venir à ce banquet malgré tous les espions prêts à l’y observer ? Ne craignait-il pas que Yang Zhen ne l’apprenne ?

En réalité, le statut de Wang Gan n’avait rien d’exceptionnel comparé à celui des autres invités présents au banquet. La position de capitaine de l’armée était inférieure à celle d’un général. Le royaume comptait plusieurs dizaines de généraux et près de deux cents capitaines. De plus, Wang Gan n’avait pas de titre et ne descendait pas de l’aristocratie.

Toutefois, quoique son statut pût paraître insignifiant, la fonction qu’il exerçait dans l’armée était particulièrement convoitée. En tant que Capitaine des Gardes Royaux de la capitale, il disposait d’une très grande influence. L’on pouvait même considérer qu’il était plus important que certains généraux.

L’armée et la question de son soutien étaient des sujets particulièrement sensibles lors de la succession au trône. Cela l’était d’autant plus concernant la Garde Royale. Pas un coup d’état ne s’était fait ou n’avait été évité sans leur participation.

En conséquence de quoi la Garde Royale du Royaume du Grand Avenir n’était pas commandée par un seul et unique général, mais par quatre capitaines. Chacun étant en charge d’un secteur correspondant aux quatre points cardinaux. Ainsi, les quatre capitaines étaient à mêmes de se restreindre naturellement les uns les autres.

Wang Gan était le Capitaine des Gardes Royaux de l’Est. Bien conscient de son statut, il avait toujours maintenu un équilibre prudent dans le rapport qu’il entretenait avec les différents princes. Il fallait être un vieux renard sournois pour tenir cette position.

Capitaine de la Garde Royale du royaume était une fonction bien différente de celle de Marquis Martial.

Si le Prince Héritier ne parvenait pas à récupérer le trône, le Marquis Martial du Sud conservait sa fonction de général. Le Dixième Prince n’oserait pas le révoquer vu la renommée et le prestige dont il jouissait en tant que l’un des dix grands généraux du royaume. Mais il en était autrement de Wang Gan. Il n’était que capitaine, et à un poste particulièrement sensible et convoité. Le Dixième Prince n’aurait aucun mal à le remplacer s’il le souhaitait, une fois au pouvoir ; quitte à s’en débarrasser.

Wang Gan est venu au banquet. Quand bien même il souhaiterait rencontrer Lin Ming que… Je pense…Yang Lin se rappela soudainement. Deux mois plus tôt, lors de l’examen d’entrée de la maison Martiale des Sept Véritables, il avait envoyé un talisman de transmission sonore pour aider Lin Ming. C’était probablement l’un des fils de Wang Gan qui avait essayé de piéger Lin Ming, Yang Lin en était désormais persuadé.

A l’époque, Lin Ming était encore un inconnu du grand public et, par conséquent, Yang Lin n’avait pas prêté plus d’attention que cela à cette affaire.

Alors c’est donc ça. Wang Gan a dû se sentir bien embarrassé ces derniers jours. Se dit-il en riant intérieurement.

En l’occurrence, Yang Lin n’était pas loin de la réalité. Wang Gan était resté de longues heures à se morfondre sur son sort. Sa chance l’avait tout bonnement abandonné. Lorsqu’il découvrit que le garçon avec lequel son fils était rentré en conflit était l’étoile montante de la maison martiale, le génie du royaume, Wang Gan voulut pleurer mais les larmes ne vinrent pas.

Qui diable avait-il contrarié pour que ce soit sur lui que ça tombe ?

Deux mois plus tôt, lors de l’examen d’entrée de la Maison Martiale des Sept Véritables, son plus jeune fils avait tendu un piège à Lin Ming. Piège qui amena le Prince Héritier à envoyer un talisman de transmission sonore au département de sécurité publique. Wang Gan était frustré. Après tout, c’est son bon à rien de fils qui était responsable, lui n’y était pour rien et considérait que le Prince Héritier ne devait pas l’impliquer.

Il n’aurait cependant jamais imaginé, deux mois auparavant, que ses problèmes pourraient venir de la personne impliquée. En si peu de temps, ce gamin inconnu était devenu le plus grand talent du siècle. Il ne faisait aucun doute qu’il deviendrait un personnage important au sein du royaume, capable d’ordonner au vent et à la foudre. Le genre de personne capable de promouvoir quelqu’un au rang de noble voir même de général.

Une fois plus âgé, Lin Ming pourra se débarrasser de quiconque d’un simple revers de la main.

Wang Gan était au courant que le différent que son fils avait eu avec Lin n’était pas une simple bagarre et qu’il avait été question de vie ou de mort.

Wang Gan s’était alors posé la question : qu’aurait-il fait à la place de Lin Ming ? Il n’aurait jamais laissé tomber !

Comment pouvait-il donc ne pas être effrayé ? Il n’était même pas parvenu à dormir sur ses deux oreilles au cours des derniers jours. Mais Lin Ming vivait au sein de la Maison Martiale des Sept véritables et il était, par conséquent, impossible pour Wang Gan de rentrer directement en contact avec lui. Pas plus lui que n’importe quel noble présent à ce banquet.

Ainsi, la seule chance qu’il lui restait pour rencontrer Lin Ming était de venir à ce banquet organisé par le Prince Héritier. Lorsqu’il en arriva à cette conclusion, Wang Gan eut comme une irrésistible envie d’étouffer son fils.

Lorsqu’il apprit la nouvelle concernant le statut de Lin Ming, il frappa Wang Yigao à de multiples reprises avant de l’enfermer pendant six mois.

S’agissant de Wang Yigao, il était passé à deux doigts de la dépression nerveuse. Il avait été vaincu une première fois par Lin Ming, lorsque ce dernier avait frappé le servant venu lui piquer sa chambre d’hôtel. A cette époque, Wang Yigao n’avait pas plus de considération pour Lin Ming que pour une fourmi. Et comme une fourmi qui serait venu le mordre, il pensait l’écraser sous son pied.

Il s’entoura pour ce faire d’une bande de voyous, mais le résultat fut que son nom était désormais prononcé à l’envers.

Lorsque Wang Yigao rentra chez lui ce jour-là, il fut puni à deux mois d’isolement, sans vin ni viande et sans la compagnie de filles de joie. Il en fut abattu. Mais une fois la punition levée, il pensa immédiatement à se venger. C’est ainsi qu’il en vint à s’en prendre à Lin Ming lors de l’examen d’entrée de la Maison Martiale des Sept Véritables. A cette époque, Lin Ming était passé de fourmi à cafard aux yeux de Wang Yigao, soit encore bien peu de chose. Il pouvait encore l’écraser sous sa botte ; c’était tout du moins ce qu’il pensait.

Il ne fut battu qu’encore plus misérablement par Lin Ming. Non seulement son corps avait été roué de coups, mais son visage ne fut pas épargné. Sans compter qu’il fut encore davantage puni par son père, Wang Gan, qui le contraignit à passer six mois en isolement.

Doucement, à mesure que le temps passa, Wang Yigao prit l’habitude de se passer de viande, de vins ou encore des femmes. Il entreprit d’étudier avec assiduité et de manière quotidienne ses livres d’arts martiaux. Néanmoins, alors qu’il n’avait commis d’autre impair, Wang Yigao fut sorti de son confinement et passé à tabac.

Wang Gan fut impitoyable. Wang Yigao tressaillit à chacun de ses coups, à deux doigts de perdre connaissance. Il apprit finalement pourquoi il avait été battu. Le nom de Lin Ming était désormais un cauchemar pour lui. Il n’oserait plus rien entreprendre contre ce dernier, quand bien même il emprunterait le courage de dix mille hommes.

La discipline dans une famille passait nécessairement par la rudesse. Wang Gan l’avait frappé violemment, mais c’était en réalité pour le protéger, d’une certaine manière. Il fallait une explication pour Lin Ming. Vu que Wang Yigao avait essayé de le frapper à mort, alors il fallait qu’il subisse un sort lui faisant payer les conséquences de ses actes, sans quoi Lin Ming n’accepterait pas d’oublier cette affaire.

« Mes salutations, votre Altesse le Prince Héritier. Je suis ici sans invitation et vous implore de bien vouloir m’en pardonner », dit Wang Gan, un soupçon de peur dans la voix tandis qu’il s’inclinait.

« Haha, le capitaine Wang est trop poli. Je suis très heureux que vous ayez pu venir aujourd’hui. Ne soyez pas embarrassé et profitez librement du banquet. » Yang Lin savait que c’était pour voir Lin Ming qu’il avait fait le déplacement mais préféra ne pas le mettre dans l’embarras.

« Merci votre altesse. »

Les invités de marques ne cessaient d’arriver à mesure que le temps passait. Le grand banquet du Prince Héritier présentait une atmosphère prospère sans précédent.

Tous ces individus prestigieux venaient de quartiers et de maisons différents. Ils étaient vêtus de magnifiques tenues de cérémonie et bavardaient tranquillement, d’élégants verres à vins dans les mains. Chacun de leur mouvement était empreint de l’étiquette propre à l’aristocratie. Ces personnes étaient toutes des personnalités influentes ou en devenir du Royaume du Grand Avenir.

« Grande Sœur Jingyun, tu es également venue. » Murong Zi avait repéré Bai Jingyun dans la foule. Jusqu’à maintenant agacée par le caractère insistant de prétendants inintéressants, Murong Zi retrouva immédiatement le sourire. Elle se retrouva en un instant aux côtés de Bai Jingyun, sans même que sa magnifique mais encombrante robe ne la gêne. Ses gestes étaient discrets et élégants, à tel point qu’ils semblaient être aussi naturels que le mouvement de l’eau.

« Petite Sœur Murong, je ne pensais pas que ta famille serait là également. »

Murong Zi et Bai Jingyun étaient les deux filles resplendissantes qui avaient assisté à la dernière tentative de Lin Ming dans la Matrice des Dix Mille Morts. Ces deux-là étaient les fières demoiselles de la Maison Martiale des Sept Véritables. Murong Zi avait dix-sept ans et occupait la vingt-huitième place de la Pierre du Classement. Quant à Bai Jingyun, elle était âgée de dix-huit ans et se tenait à la vingt-deuxième place de la Pierre du Classement. Tout le monde les désignait comme la ‘Fière Paire des Sept Véritables’.

L’on pouvait dire qu’elles possédaient chacune un millier de grâces. La réunion de ces deux âmes en un seul et même point ne manqua pas d’attirer l’attention de nombreux hommes. Ces deux-là ressemblaient forts à des paons arrogants ; elles étaient telles des grues parmi les volailles.

« Je n’ai pas souvenir que ta famille vienne régulièrement aux banquets du Prince Héritier », dit Bai Jingyun qui, après une courte pause, sourit et poursuivit en chuchotant « serais-tu là dans l’espoir d’obtenir un rendez-vous ? »

« Mince alors ! Tu ne vas pas commencer ! De toute manière ils sont inintéressants ! » Avec son talent et sa force, en plus de son apparence remarquable, Murong Zi n’était inférieure qu’à Qin Xingxuan ; et c’était valable à travers l’ensemble du royaume.

Il n’y avait que très peu de prétendants capables de lui correspondre. Zhang Guanyu était talentueux et plutôt bel homme, mais il avait la triste réputation d’être un coureur de jupons. De plus, il pratiquait le Pouvoir de l’Acacia ; qui sait combien de femmes étaient déjà passées entre ses bras ? Quant au Dixième Prince et au Prince Héritier, le second était déjà marié et Murong Zi n’envisageait pas le moindre instant d’être une concubine. Sans compter que l’issue de la lutte pour le trône était loin d’être évidente. De ce fait, la famille Murong préférait ne pas agir imprudemment.

« Haha, évidemment qu’il ne s’agit pas d’eux. Je te parle de… » Bai Jingyun s’interrompit lorsque la voix du crieur résonna pour annoncer un nouveau venu.

« Lin Ming de la Maison Martiale des Sept Véritables, Monsieur Lin ! »

Astuce:

Cliquer sur l'image Le Monde des Arts Martiaux 108 manga pour aller à la page suivante. Vous pouvez utiliser les flêches de votre clavier pour naviguer entre les pages.