100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons Chapitre 50

Chapitre 50: Preuve de ma résolution

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Les leçons de Kataryna et les paroles de cette nuit-là étaient des choses que je n’allais pas oublier de si tôt. Elles avaient été prononcées à travers des larmes et des sourires, mais aussi avec une sagesse recueillie au cours des siècles. Sans cela, j’aurais peut-être eu du mal à le croire.

Quand nous étions rentrés en ville, Kataryna m’avait prêté quelques pièces pour payer une autre semaine à l’auberge… dans une autre pièce, en voyant comment elle avait détruit la précédente. J’en avais aussi eu assez pour m’acheter de nouveaux vêtements et prendre un bain. Pour le reste de mon équipement, y compris une bague de stockage et des fournitures pour camper, elle allait s’en occuper.

À cause de notre combat, la plupart des dragons et même des gardes se tenaient à distance de nous. Je me sentais mal d’avoir gâché tant de bâtiments, mais Kataryna m’avait assuré que la Troisième Princesse veillerait à ce qu’ils soient tous remboursés correctement, en particulier les propriétaires de l’auberge.

La dragonne aux écailles argentées m’avait escorté jusqu’à la rue où se trouvait l’auberge, mais elle avait ensuite fait demi-tour et était partie. Quand je l’avais appelée, elle s’était excusée en disant qu’elle n’aimait pas le sentiment sinistre que l’auberge dégageait. Je ne ressentais rien de la sorte.

Les débris à l’extérieur avaient été en grande partie nettoyés. J’étais donc entré avec l’idée de m’excuser auprès des propriétaires pour le dérangement occasionné, même si j’avais une bonne excuse. En tant qu’ami de Brekkar et sa famille, il était mal de ma part de me comporter de la sorte.

Après avoir vu mon état, Collentra m’avait bien regardé de la tête aux pieds puis m’avait poliment demandé. « As-tu fini de dégriser maintenant ? »

« Oui, je m’excuse pour mon comportement inesthétique. » Je baissai la tête.

« Bien. Si Kataryna ne l’avait pas fait, j’aurais peut-être été celle à aller te gifler jusqu’à l’autre côté de Drakaria ! » Elle me jeta un regard noir.

« J’apprécie l’intention, mais je peux vous assurer que Kataryna m’a donné un coup de poing m’ayant fait traverser TOUT Drakaria, » déclarai-je en faisant un sourire ironique.

« Le méritais-tu ? » demanda-t-elle en plissant les sourcils.

J’avais baissé les yeux et fermé les yeux en répondant : « Oui. »

Collentra s’était approchée de moi et m’avait tapoté la joue gauche. Quand j’avais ouvert les yeux, elle me faisait un doux sourire.

« Je peux ne pas savoir ce qu’il t’est arrivé quand tu es allé au palais, mais je sais quelque chose. Je n’avais JAMAIS vu ni Seryanna ni Kléo aussi brillante et heureuse depuis ce jour-là, il y a 38 ans, lorsque Brekkar les a amenés. Après la mort de leurs parents, elles n’étaient plus pareilles. » Elle secoua la tête et soupira. « Il ne faut pas être un génie pour se rendre compte que tu es la raison pour ces sourires. »

« Même si celui ayant apporté ces sourires est un humain ? » demandai-je.

Elle avait souri : « Cela signifie d’autant plus que notre roi avait raison et qu’il y a encore de l’espoir dans ton espèce… tu peux très bien être l’incarnation de cet espoir. Eh bien, c’est probablement trop demander pour le moment, mais au moins… n’abandonne pas ces deux filles. Si tu peux toujours être leur ami et les aider au besoin, fais-le. »

Elle me tapota la joue puis recommença à balayer.

« En outre, dis à cette demoiselle à écailles argentée que je ne la lâcherai pas aussi facilement pour avoir brisé ma maison ! » déclara-t-elle

J’avais souri et répondu. « Je le ferai, mais d’abord… j’ai besoin d’un bain. » Je ris.

« Merci aux Dieux, il l’a remarqué ! » déclara Bayuk en levant les mains au ciel.

« Hey ! Je ne pue pas autant ! » Je le pointais du doigt.

« Effectivement ! Tu pourrais tuer tout un troupeau de moutons avec ton odeur ! Je vais te faire un bain de la maison juste pour te laver ! » répondit-il.

« Oui, Monsieur Bayuk… et merci ! » Je lui fis un petit salut.

Une semaine plus tard, au coucher de soleil, je retrouvai Kataryna et Kléo dans ma chambre à l’auberge. Pour des raisons que je ne connaissais pas, la dragonne argentée grognait quelque chose à propos d’un uniforme de serveuse, tandis que la dragonne gothique se retenait de rire.

Nous avions d’abord regardé tout ce que Kataryna avait apporté pour mon voyage. J’allais passer quelques mois dans la forêt Seculiar et, quelle que soit ma chance, j’avais appris que le simple fait de compter dessus ne me permettrait pas d’arriver à ce que je voulais à chaque fois. En fait, il y avait des défauts et des effets secondaires possibles chaque fois que je forçais. Ainsi, je devais regarder ma situation actuelle comme j’avais peu de chance.

La bague que Kataryna a apportée n’était pas aussi bien que la sienne, mais elle pouvait contenir à peu près la même quantité d’objets que celle que Seryanna avait lors de notre première rencontre. Elle m’avait également apporté quelques sacs pour tout type de matériaux ou de plantes ne pouvant être stockés dans la bague.

Une fois que tout était prêt, j’avais expliqué le reste du plan ainsi de la manière dont j’allais tenter d’entrer par effraction dans le bâtiment le plus sécurisé de tout le royaume.

« C’est complètement fou..., » déclara Kléo en entendant mon plan.

« Mon premier plan consistait à emprunter l’écureuil de Seryanna et tes démons de l’autre monde, mais je me suis dit qu’apporter l’apocalypse était un peu trop pour cela. » Je haussai les épaules.

Kataryna avait ri en entendant cela.

« Ouais… ça aurait été trop. » La dragonne à écailles noires me regarda en plissant les sourcils. « Les quatre cavaliers ne sont qu’un mythe. Ils sont plus de 500… et chers. Bâtards gourmands..., » ajouta-t-elle.

Apparemment, ma blague avait une part de vérité.

« Alors, quand tu auras fini de parler à Seryanna, tu reviendras ici ? » demanda Kataryna.

« Oui. Je reviendrai ensuite avec vous deux pour voler vers la forêt Seculiar, » répondis-je.

« Voler ? » Demanda Kléo.

« Votre forme de dragon est bien plus rapide qu’un typique Khosinni, et vous pouvez aller en ligne droite, » déclarai-je.

« Vraiment ? Un humain chevauchant un dragon… ce sera quelque… de jamais vu. » Rigola Kataryna.

« Bien, qu’en penses-tu ? » avais-je demandé avec un sourire narquois.

« C’est bien, mais tu oublies quelque chose. » Fit-elle remarquer.

J’avais cligné des yeux emplis de surprise.

« Quoi ? »

« Ça. » Elle me tendit ensuite une lettre avec l’emblème de la Troisième Princesse.

« Est-ce que… ? » Demandai-je.

« Oui. La princesse l’a écrit et scellé en ma présence, tu peux donc être assuré de l’authenticité. » Elle hocha la tête.

« Génial ! Ensuite, cela signifie que je n’ai plus qu’à obtenir maintenant quelque chose prouvant que je suis l’ami de la famille Draketerus, » déclarai-je avec un grand sourire.

« Je l’ai ici, » déclara Kléo avant de remettre une autre lettre scellée, mais celle-ci portait l’emblème de la famille Draketerus.

« Quand l’as-tu obtenue ? » avais-je demandé en la recevant avec soin.

« Quand nous avons quitté Tomeron, grand-père me l’a donné et m’a dit de te la remettre si tu allais rendre visite au roi. » Elle sourit fièrement.

« Je vois… Merci. » Je hochai la tête.

« Alkelios, j’ai encore le sentiment que tu ne comprends pas ce que signifie d’avoir guéri mon grand-père et d’être devenu notre ami..., » m’avait dit Kléo.

« S’agit-il de la bataille d’il y a 38 ans ? » avais-je demandé.

Elle acquiesça.

« Ce que tu as entre les mains… est essentiellement la preuve que deux des familles lourdement frappées par les humains ont mis toutes leurs fois en toi, » déclara-t-elle d’un ton grave.

« Souviens-toi que c’est pareil quand tu as rencontré Seryanna, Alkelios. Tu n’es pas quelqu’un qui devrait penser légèrement de lui-même. À mes yeux, tu es déjà quelqu’un vraiment sur la voie de devenir l’individu le plus ridicule sur tous les continents, » avais déclaré Kataryna.

« Et qui serait-ce ? » avais-je demandé.

« Le héros humain des dragons qui gouverne le royaume d’Albeyater. » Elle sourit.

J’avais dégluti et même s’il me manquait quelques réalisations, je n’avais pas l’impression que c’était une prédiction si fausse.

***

***Trois heures et 24 minutes plus tard***

Au milieu de la nuit, quand les dragons dormaient, j’avais ouvert la fenêtre de ma chambre. Je fermai les yeux et pris une profonde inspiration pour calmer mon cœur.

Avec un esprit calme et de toutes les fibres de mon être, je souhaite atteindre la chambre de Seryanna ce soir sans qu’un seul dragon me repère. Je souhaite que lorsque j’atteindrai sa chambre, je l’y retrouve. Je souhaite atteindre les objectifs que je me suis fixés ce soir.

N’importe quel mauvais mouvement à partir de maintenant pourrait me conduire en prison ou me faire tuer. Ce que j’étais sur le point de faire était risqué, stupide et impensable pour le dragon commun, mais pour moi… c’était ma seule chance.

Je ne faisais pas cela pour un pays. Je ne faisais pas ça pour sauver la Terre. Je ne faisais pas ça parce qu’on me l’avait ordonné. J’allais le faire parce que j’étais tombé amoureux d’une dragonne rousse. C’était tout.

J’avais donc grimpé par la fenêtre et j’avais sauté dans l’allée. Avec une vitesse dépassant de loin celle d’un humain, je commençai à courir à travers les bâtiments, ne restant que dans l’obscurité.

Pour ce soir, je portais des vêtements noirs, avec une cape et une capuche pour mieux me cacher au fur et à mesure que je progressais. Juste au cas où, je portais aussi une paire de gants en cuir noir, pour éviter de me faire repérer ou couper. À ce moment-là, je ne pensais pas que, grâce à mes statistiques, ce genre de choses aurait presque été impossible.

Grâce aux informations que ces deux dragonnes m’avaient fournies, éviter les gardes au sol et se cacher de ceux dans le ciel n’était pas bien difficile.

Malgré tout, il y a eu des moments où j’avais attendu plusieurs minutes dans l’ombre avant de pouvoir avancer, mais petit à petit j’étais arrivé aux murs entourant le palais. En plus, les patrouilles étaient constituées de gardes royaux au lieu de gardes normaux. Ils étaient différents dans leurs capacités et forces. La moitié de ces groupes se déplaçaient dans le sens des aiguilles d’une montre au-dessus des murs, tandis que l’autre moitié dans le sens inverse.

Utilisant ma force et mon agilité, je grimpai rapidement jusqu’au sommet et attendis un peu jusqu’à ce que deux patrouilles se croisent. À ce moment-là, j’avais sauté et étais tombé dans un buisson de l’autre côté du mur. Là, j’avais attendu quelques minutes avant d’avancer à nouveau.

Tous ces arbustes et statues étaient parfaits pour que je puisse me cacher et passer inaperçu. Le nombre de patrouilles ici était également moins important que celles au-dessus des murs, ce qui montrait qu’elles s’attachaient davantage d'empêcher les intrus d'entrer que d’essayer de repérer ceux ayant pu passer. J’étais donc bien arrivé au palais. De là où j’étais à la chambre de Seryanna, il n’y avait pas une grande distance, mais je ne pouvais pas me permettre de baisser ma garde maintenant.

Avec un bon chronométrage et en restant à l’affût, j’avais réussi à passer à travers et enfin atteindre sa fenêtre, que j’avais ouverte avec facilité puisqu’elle n’était pas verrouillée de l’intérieur. Cela avait marqué la fin de la première étape : l’entrée par effraction dans le palais royal de nuit.

Mais, à vrai dire, même si à l’extérieur, le trajet était lisse, j’avais eu plus d’un moment où j’avais presque paniqué et prié comme un fou pour ne pas être vu. Le plus gros danger pour moi était les patrouilles aériennes qui, bien que moins nombreuses, avaient une vue plongeante de l’ensemble de la région.

Malgré le danger et le fait de faire quelque chose que beaucoup auraient pensé à la fois impossible et fou, j’avais finalement pu atteindre cet endroit et, devant moi, j’avais vu celle que je voulais rencontrer.

« Hey ! Ça fait longtemps que je ne t’ai pas vue, » déclarai-je avec un doux sourire en baissant ma capuche.

***

Partie 2

Seryanna se tenait de l’autre côté de la pièce. Elle portait son armure et avait son épée dégainée. Elle la dirigeait contre moi et son regard me disait qu’elle ne plaisantait pas.

« Tu es en train d’empiéter sur le terrain du palais, » me déclara-t-elle d’un ton sévère.

« Je le sais. » Je hochai la tête et fis un pas en avant.

« Arrête-toi là ! Si tu recules maintenant et quittes cet endroit, je ne te tuerai pas, » avait-elle déclaré.

« Des mots durs, mais tu ne le feras pas, et je ne partirai pas avant d’avoir eu ce que je voulais, » déclarai-je en m’approchant d’elle.

« J’ai dit stop ! Je suis une chevalière royale ! Il est de mon devoir d’arrêter les intrus ! » rétorqua-t-elle.

« Ce que je suis venu chercher est juste devant moi, alors pourquoi devrais-je partir ? » avais-je demandé.

« Parce que je vais te tuer pour être entré ! Pour… avoir brisé ton serment avec Sire Draejan, mon fiancé, » déclara-t-elle.

« Je me fiche de ce stupide duel. Je me fiche qu’il t’ait été imposé comme fiancé, » je plissai des yeux et attrapai son épée avec ma main.

Je portais des gants en cuir. Par conséquent, à moins qu’elle ne mette un peu de force, je ne me ferais pas couper aussi facilement.

« L-lâche-là..., » déclara-t-elle, mais elle ne tira ou ne poussa pas.

« Qu’est-ce que ton devoir, tes lois te disent de faire ? » Je lui avais demandé en retirant l’épée de ses mains et en la jetant à côté.

Elle avait reculé jusqu’à ce que son dos touche le mur.

« De t’arrêter… T-te tuer… P-pour défendre mon honneur et celui de mon fiancé… et les… lois de ce royaume ! » déclara-t-elle, mais elle bégayait.

Je m’étais arrêté à deux pas d’elle.

« Tu ne le feras pas, » avais-je dit.

« Je le ferai ! » répondit-elle.

« Tu ne le feras pas. » Je secouai la tête.

« P-pourquoi continues-tu à dire ça ? » demanda-t-elle.

« Parce que tu m’aimes. » Je lui fis un petit sourire.

« Ce n’est pas le cas ! » Elle cria en levant la main pour me gifler.

Je l’avais attrapée avant qu’elle ne puisse le faire et l’avais poussé contre le mur. Elle avait détourné le regard.

« Seryanna… je ne suis pas venu ici pour me venger de Draejan. Je ne suis pas venu ici pour te menacer ou te kidnapper, » déclarai-je.

« Alors, pourquoi es-tu venu ? » demanda-t-elle.

« Parce que je t’aime et que je ne veux que toi..., » je lâchai sa main et reculai.

Seryanna était une femme fière, mais je n’étais pas là pour briser cette fierté ou la forcer à se soumettre. Je n’étais pas un animal… je m’étais reculé parce que je voulais qu’elle choisisse de venir vers moi.

Quand j’avais dit ces mots, quelques larmes s’étaient formées dans le coin de ses yeux et elle ne m’avait pas regardé en répondant.

« Je suis une dragonne, Alkelios… pas une humaine, » déclara-t-elle.

« Je le sais. »

« Je suis une chevalière… tu as eu un duel officiel avec l’homme qui a été nommé comme mon fiancé par le roi que je sers ! » déclara-t-elle en élevant un peu la voix.

Je ne m’inquiétais pas pour le bruit, Kataryna avait dit qu’elle allait faire quelque chose à ce sujet, mais je ne savais pas quoi exactement. Quoi qu’il en soit, je lui faisais confiance. C’est pourquoi je pouvais garder mon calme, l’écouter et lui répondre comme si j’avais tout le temps du monde.

« C’est un duel que j’ai perdu à cause de ma propre stupidité. Mais je me fiche du résultat. Et ton roi dont les ordres ne peuvent pas être suivis parce que je suis humain et dont les ordres vont à l’encontre de notre amour, » répondis-je en retirant mes gants et les fourrant dans une poche.

« Tu n’as pas d’honneur, Alkelios ? » me demanda-t-elle en me regardant.

« Non. » J’avais souri.

« N’as-tu aucune honte ou aucun respect pour le roi ? » demanda-t-elle.

« Pas vraiment, » je haussai les épaules.

« Veux-tu que je trahisse mon roi ? » demanda-t-elle en serrant les mains.

« Non. » Je secouai la tête. « Juste Draejan. » Déclarai-je.

« Alkelios, le roi m’a directement ordonné d’épouser Draejan ! Veux-tu que j’aille à l’encontre de cet ordre ? » demanda-t-elle les larmes aux yeux.

« Oui. » Je hochai la tête.

« Pourquoi ? Pourquoi devrais-je trahir mon royaume, ma famille, mon roi et mon fiancé pour toi, un humain ? » demanda-t-elle les dents serrées.

« Parce que je t’aime, » déclarai-je.

« Ce n’est pas une raison suffisante, Alkelios. Tu me demandes d’abandonner trop de choses ! Tu me demandes de faire quelque chose que chaque fibre de mon être me dit de ne pas faire ! » répliqua-t-elle en détournant le regard.

« Alors pourquoi trembles-tu et veux-tu me rejoindre ? Pourquoi dis-tu que chaque fibre de ton être te dit de ne pas le faire alors que ton cœur hurle pour moi ? » demandai-je en tapotant ma poitrine avec ma paume.

« Parce que je ne sais pas si tu… si tu me veux vraiment… je ne sais pas si c’est juste un stratagème, un tour ou un sort… je ne sais pas si tu m’aimes vraiment… quand j’ai essayé de le confirmer, tu m’as repoussé une fois, deux fois… puis avec le duel… trois fois, » déclara-t-elle avec un gémissement en me regardant.

Faisant un pas en avant, elle me regarda dans les yeux et, les larmes coulant sur ses joues, elle dit : « Je ne veux pas vivre la même chose une quatrième fois... »

« Tu ne vas pas... » Et j’avais fermé les yeux. « Je souhaite épouser la dragonne Seryanna Draketerus. Je souhaite devenir son mari et élever une famille heureuse avec elle. Je souhaite devenir son amant et qu’elle devienne mon amante. Je souhaite que Seryanna Draketerus devienne ma femme. Si j’ai menti. Si les dieux sont contre cette union, alors je souhaite que quelque chose se passe dans les cinq prochaines minutes qui m’éloignent d’ici, » j’avais ouvert les yeux et regardai droit dans les siens.

« Alkelios… si tu dis quelque chose comme ça… si les dieux sont vraiment contre… ou..., » elle grimaça et baissa les yeux. Elle me saisit par le col et serra comme si elle-même ne voulait pas que j’y aille. « Tu es stupide… et si cela se produit réellement ? » demanda-t-elle en sanglotant.

« Alors, attendons. Si cela se produit… alors c’est que les dieux en ont décidé ainsi et peu importe ma puissance, je ne pourrai jamais aller à leur encontre. Cela pourrait également signifier que peut-être… quelqu’un d’autre nous est destiné. Mais honnêtement, je ne veux personne d’autre que toi, » déclarai-je en levant le menton.

« Pourquoi moi ? Pourquoi une dragonne promise à quelqu’un d’autre ? Pourquoi moi qui ne peux t’offrir aucun soutien politique ou militaire ? Pourquoi moi, dont la voix dans ce royaume est beaucoup plus faible que celle d’autres ? » demanda-t-elle les larmes aux yeux.

« Parce que j’aime tout chez toi… et que je veux que tu sois à moi comme tu l’es maintenant, sans être éveillée, sans voix politique, sans pouvoir militaire, sans atouts de valeur économique. Je veux tes lèvres, ton étreinte, ton souffle, ton amour… tout le reste n’est que… un extra, » j’avais souri et ensuite essayais de l’embrasser.

Si elle se retirait, j’étais prêt à arrêter, mais elle ne l’avait pas fait. Si elle me repoussait, j’étais prêt à me laisser repousser, mais elle ne l’avait pas fait. Ce qu’elle avait fait avait été de se rapprocher de moi, passer ses bras autour de moi et me tirer vers elle, en savourant ce baiser comme s’il pouvait être le dernier.

Quand nous nous étions embrassés, le temps avait passé et lorsque nous avions ouvert les yeux, je lui avais demandé : « Tu penses que ça fait plus de cinq minutes ? »

« Oui..., » elle avait acquiescé.

« Alors je suis tien..., » dis-je.

« Je sais… mais à l’intérieur… j’ai l’impression de trahir tout le monde, mon but même en tant que chevalière. Même le simple fait de t’avoir laissé entrer dans ma chambre et que je ne t’ai pas immédiatement chassé est un délit… tu t’es faufilé dans la chambre d’une femme fiancée au milieu de la nuit. Cela ne passerait avec personne..., » elle secoua la tête.

« Non, ça n’irait pas, mais comment puis-je te montrer ma détermination ? Je suis prêt à devenir un criminel aux yeux des lois de ce royaume. Je suis prêt à rejeter toute fierté ou tout honneur que j’ai en moi pour te rejoindre. Je suis disposé à écouter mon cœur plutôt que les lois et les mots crachés par ceux qui ne me comprennent même pas… ou toi, » dis-je.

« Et tu me demandes de faire de même..., » elle ferma les yeux.

« Tu sais ? Peut-être que tu penses trop à cela, aux conséquences et à ce que les autres vont dire ou penser. Pourquoi ne pas simplement… suivre le courant et voir où il t’emmène ? En fin de compte, toute cette trahison dont tu parles pourrait finir par être pardonnée ou complètement ignorée, » j’avais souri.

« C’est peut-être très risqué, » me déclara-t-elle.

« Alors, je me renforcerai une fois de plus. »

Alors que je disais cela, je m’étais agenouillé devant elle, comme je l’avais vu dans tous ces films à la maison, et bien que je ne sois pas préparé avec une bague, je pensais à ce moment depuis deux mois. Après tout, si je voulais aller jusque là, je devais me comporter comme un homme adulte et assumer pleinement mes responsabilités, ne pas jouer avec son cœur et montrer de l’insécurité face à notre avenir. Je devais lui montrer que c’était aussi quelque chose que je voulais, que j’étais prêt à parier le reste de ma vie sur le bonheur qu’elle pouvait m’offrir.

« Seryanna Draketerus, je sais que je suis jeune et stupide. Je sais que je suis humain et que tu es une dragonne. Je sais que tu es une chevalière royale et que je ne suis même pas un roturier. Malgré cela, Seryanna Draketerus, seras-tu ma femme ? » demandai-je d’un ton clair et ferme.

Pour être honnête, j’avais répété ces mots toute la semaine, mais les dire vraiment était bien plus intense que je ne l’avais imaginé. En fait, dès le début, j’avais senti qu’elle avait plus de raisons de me rejeter que d’accepter. Je ne croyais pas que j’étais préparé à un rejet et je ne savais pas comment y faire face. L’intensité du moment était tout simplement trop forte et mon cœur était comme sur le point d’éclater à tout moment.

Je ne voulais pas être rejeté et j’étais fermement convaincu que c’était ce que je voulais faire, surtout après mon combat et ma discussion avec Kataryna. C’est vrai, j’étais venu ici d’un autre monde, d’un monde plus avancé technologiquement que celui-ci de plusieurs siècles, mais j’étais ici comme un enfant.

Si on me demandait ce que j’étais il y a 2 mois, je leur aurais répondu simplement, un enfant de 18 ans qui avait trop peur de tous les changements qui se produisaient autour de lui à une vitesse qui semblait peu naturelle. Un enfant de 18 ans qui, jusqu’à présent, n’a jamais pris la peine de réfléchir sérieusement à son avenir et à ce que ses propres choix pourraient apporter. Un enfant de 18 ans qui voit le monde et y vit comme s’il était dans un jeu jusqu’à ce que la réalité le frappe. Un enfant de 18 ans tombé amoureux de la sorte pour la première fois de sa vie et qui n’avait ni parent ni amis d’enfance pouvant le conseiller. Un enfant de 18 ans issu d’un monde où aimer, respecter et essayer de comprendre une femme de cet âge était perçu comme une blague ou quelque chose d’impossible.

Si on me demandait ce que j’étais maintenant, je voudrais répondre que j’étais un adulte qui était prêt à faire ses premiers pas dans une vie mûre en s’en tenant à ses propres décisions et en ne les fuyant pas au dernier moment.

J’avais demandé la main de Seryanna ce soir comme preuve de ma propre résolution ainsi que de mon courage pour préserver ma décision de l’aimer jusqu’au bout… Je n’étais plus un enfant qui voyait l’amour comme une pièce de théâtre où les hommes et les femmes se parlaient avec des mots mielleux et qui finissaient en larme lorsqu’on leur demandait de vivre en les respectant. Aimer signifiait plus que tout ressentir de l’amour, pas avoir le courage de prononcer ces mots.

C’est pourquoi, lorsque j’avais rencontré Kataryna il y a une semaine, je l’avais traitée comme je l’avais fait parce que j’avais toujours peur de cette vérité. J’avais toujours peur du fait que je n’étais plus un enfant et que je devais être honnête envers moi-même et Seryanna. J’avais peur de pouvoir jouer au jeu de l’amour fictif et je m’étais détesté pour ce fait. J’avais peur de pouvoir aimer une femme comme elle et de vouloir rester à ses côtés toute ma vie. J’avais peur d’une chose stupide...

***

Partie 3

Je sentais comme si mon amour pour Seryanna était faux et juste une illusion créée par mon esprit. Quoi qu’il en soit, il ne me serait pas possible de me sentir comme cela parce que j’étais trop jeune ou un membre d’une autre espèce. Pourtant, ses larmes… ses gémissements… sa douleur… sa lutte… elles étaient réelles. Seulement, j’étais celui qui refusait de les accepter comme tels, le seul agissant comme un enfant.

Mes pensées, ces faits dont j’ai pris conscience ne s’étaient pas produits en une nuit…. C’était le résultat de ma lutte et de ma douleur, de mes cris étouffés et de mes larmes silencieuses pendant plus de deux mois. Non, ils étaient le résultat de mon doute intérieur, de ma bataille intérieure depuis le moment où j’avais réalisé que j’aimais vraiment Seryanna. Pourtant, pour surmonter cette peur, il me fallait juste un pas de plus… et Kataryna m’avait aidé à le faire.

C’est drôle comme tout ce temps j’avais pu dire que j’aimais Seryanna, tout en me demandant si je pouvais l’accepter. Mais dans tous les cas, j’avais pu apprendre ma leçon. Maintenant, tout avait une réponse. Notre avenir et notre amour pourraient vraiment commencer ou se terminer par sa décision.

« Est-ce que… c’est correct si je réponds ce que je veux et non ce que je devrais répondre ? » demanda-t-elle, les larmes aux yeux.

J’avais hoché la tête.

« Alors… Oui… Je veux être ta femme et pas celle de Draejan ! Je veux être aimée par toi et être avec toi ! » cria-t-elle. « Je veux ça… mais… pour nous... »

J’étais heureux et soulagé par ses paroles, cependant, je ne voulais pas qu’elle commence à douter, alors je me levai rapidement et scellai ses paroles d’un baiser.

Quand nous avions séparé nos lèvres, je lui avais dit : « Non, mais… pas ce soir... » déclarai-je en secouant la tête.

« Est-ce vraiment correct ? Est-ce vraiment bien pour moi d’aller à l’encontre des paroles de mon roi ? » Elle déglutit et trembla.

« Oui… Pour ce soir, il n’y a pas de roi d’Albeyater… c’est juste nous..., » déclarai-je.

« Pour ce soir..., » elle sourit.

« Je t’aime, Seryanna, » dis-je.

« Je t’aime, Alkelios, » répondit-elle.

Nous avions terminé notre conversation par un baiser et ce qui était arrivé et ensuite, nous nous étions unis de corps et de cœur. Enlever son armure était plus facile pour moi maintenant, et je ne me débattais pas non plus avec la mienne. Seryanna s’était laissée aller à la chaleur se trouvant à l’intérieur d’elle et n’avait pas tardé à montrer à quel point elle me voulait, et je ne m’étais pas permis de prendre du retard.

Sans entrer dans trop de détails intimes, notre première fois avait été assez impressionnante, et grâce aux quelques potions qu’elle avait sous la main, nous avions pu continuer longtemps. J’avais gravement sous-estimé ses désirs…

Quand nous avions fini, c’était presque l’aube. Nous nous reposions en nous enlaçant nus avec la fine couverture sur nous. Ma main caressant ses longs cheveux roux, alors qu’elle me souriait doucement.

« Nous l’avons fait..., » déclara-t-elle.

« Oui. »

« Ce n’était pas aussi grave que je le pensais, mais je pense qu’après cela, je pourrais avoir besoin de changer de lit, » rigola-t-elle.

« Oui, j’ai entendu un craquement à un moment donné..., » je souris ironiquement.

« C’est de ta faute, » dit-elle en me prenant la tête dans ses mains.

Ses lèvres avaient posé un baiser sur mon menton et avaient ensuite demandé : « Qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? »

« Nous ne pouvons pas nous enfuir… ce serait trop lâche et nous avons encore des cartes à jouer. »

« Cela m’a traversé l’esprit, mais je ne voudrais pas abandonner la princesse Elleyzabelle ou ma sœur. Mon grand-père serait aussi très triste et, comme mon père est parti, je voulais que ce soit lui qui m’emmène à l’autel le jour de mon mariage, » elle laissa échapper un soupir.

« Vous avez cette coutume ici aussi ? » demandai-je, surpris.

« Normalement, ce sont les pères qui amènent leurs filles à l’autel, alors que les hommes doivent attendre pour les recevoir. Dans certains cas, les pères frappent leur futur gendre. S’il peut supporter le coup de poing, il est dit qu’il deviendra quelqu’un qui peut prendre soin de sa fille. S’il ne le supporte pas, on dit que c’est la fille qui dirigera le ménage, » elle avait souri.

« Donc… je vais me faire frapper au visage par Brekkar Draketerus ? Celui qui a repoussé l’invasion humaine il y a 38 ans ? » avais-je demandé en plissant les sourcils.

« Oui, mais ne t’inquiète pas. Je suis sûre qu’il ne t’enverra pas voler vers un mur dangereux, » elle me tapota la tête.

« Mais je vais quand même être projeté dans un mur ? » Je clignai des yeux surpris.

« Oui ! » Rigola-t-elle.

« Eh bien, je ferais mieux de m’assurer de m’entraîner dur pour résister à son coup. » J’avais ri.

« Alors… je demande une fois de plus, qu’est-ce qu’on va faire ? » Elle me demanda ça avec un sourire et s’approcha de moi.

Je l’avais serrée dans mes bras, puis je lui avais dit ce que j’avais prévu de faire… tout, incluant ce que je n’avais pas encore dit à Kléo et Kataryna.

« C’est… dangereux… et stupide, » me déclara-t-elle en secouant la tête.

« Oui, mais le prix de la réussite en vaut la peine ! » avais-je dit en lui giflant le derrière.

« Et tu n’as même pas parlé à Kataryna de cette partie ? » demanda-t-elle.

« Elle sait que je vais revenir plus fort que jamais, mais pas à propos de cette partie. La connaissant, ça gâcherait juste le plaisir. C’est un remboursement. Fais-le-lui savoir le moment venu, » je lui fis un clin d’œil.

« Soupir… Eh bien, ce qui me surprend le plus, c’est ta compétence Dompteur de Dragon… Veux-tu vraiment passer par ça ? » me demanda-t-elle inquiète.

« Je t’aime, Seryanna. Un jour, je vais demander à ce vieux de t’amener dans cette allée, et le moment venu, je veux pouvoir avoir des enfants avec toi. Peut-être pas maintenant ou dans les prochaines années, mais dans un avenir proche… je fais cela étape par étape… pourtant, comme ça, j’aurai de meilleures chances. » Je hochai la tête.

« Alors, pourquoi ne l’as-tu pas fait plus tôt ? Si tu l’avais fait... » Elle s’arrêta alors et baissa les yeux. « Si tu l’avais fait, tu serais devenu une cible pour beaucoup de nobles ici… dans une bonne et mauvaise manière, » elle me serra dans ses bras.

« Ça aussi, mais j’étais trop effrayé de perdre mon humanité..., » je laissai échapper un soupir et lui tapotai doucement la tête. « En ce moment, ça ne me dérange pas de l’abandonner pour être avec toi. »

« Nous appelons cela la draconité. Les nains l’appellent le nanisme. Les Elfes, elfité. Les Relliars, relliarité. Mais au final, c’est la même chose avec des différences mineures… Je ne pense pas que tu perdras ton humanité, Alkelios, au contraire, tu pourrais aussi gagner la draconité. »

« Vraiment ? » déclarai-je en fronçant les sourcils.

« Oui. » Elle ria.

« Hah~ cela me fait me sentir mieux, et maintenant que j’y pense, tu as peut-être raison. Avoir une humanité n’est pas ce qui me définit comme un être humain, mais plutôt notre façon de penser et d’agir, n’est-ce pas ? En fait, maintenant que j’y pense, il y avait des histoires dans mon monde avec des personnages qui n’étaient pas exactement humains, » déclarai-je en levant les yeux essayant de me rappeler exactement comment j’étais venu à la conclusion que j’allais perdre mon humanité si mon corps changeait.

« Tu es idiot. Si j’avais su plus tôt que tu avais de telles inquiétudes, j’aurais pu te dire beaucoup plus tôt de ne pas t’en préoccuper, » dit-elle en frottant son nez contre le mien.

« À partir de maintenant, si quelque chose me dérange, je viendrai directement vers toi, mon amour, » déclarai-je avec un sourire.

« De même pour moi, mon amour. » Elle m’avait embrassé.

Après cela, nous avions parlé d’autres sujets, et elle m’avait donné des conseils de survie pour le moment où j’allais chasser dans la forêt. Elle m’avait également dit que je devrais aussi garder l’œil ouvert sur les œufs de monstres, car avec ma chance, je pourrais facilement trouver un animal de compagnie.

Quand il était temps pour moi de partir, je m’étais habillé et lui avais fait un baiser d’au revoir. J’avais également souhaité qu’elle soit en sécurité pendant mon absence et que Draejan reste loin de mes amis.

« Au revoir, mon amour. On se revoit dans neuf mois, » lui dis-je.

« Au revoir, prends soin de toi, » répondit-elle.

Avec cela, j’étais sorti par sa fenêtre et étais parti en direction du balcon du roi.

Après cette nuit avec Seryanna, je me sentais assez confiant pour la conversation à venir avec Sa Majesté. J’avais souhaité que cela se termine en douceur dès le moment où j’avais quitté l’auberge et y eût expliqué une partie de mon plan. Le seul qui pouvait surveiller Draejan était lui. En même temps, il était le seul avec l’approbation duquel je pouvais faire un retour et m’assurer que le souhait de Seryanna soit également réalisé.

Je vais te voir en robe de mariée, Seryanna, et je serais celui qui t’attendra à l’autel, pas Draejan ou qui que ce soit d’autre ! Moi ! Alkelios Yatagai ! pensais-je en sautant par-dessus la rambarde du balcon du roi.

Sortant le collier et les deux lettres, avec les sceaux de cire visibles, j’avais ouvert la porte et étais rentré.

Là, j’avais vu le roi d’Albeyater, Feryumstark Seyendraugher, assis au chevet de son épouse, la reine d’Albeyater, Elliessara Seyendraugher. Ses imposantes grandes ailes à écailles dorées étaient pliées dans son dos, mais sa présence imposante me donnait l’impression que ma vie avait été perdue au moment où j’étais entré.

« Donne-moi une bonne raison pour laquelle je ne devrais pas te tuer, humain, » déclara-t-il avec un faible grognement sans se retourner.

« Je suis venu en paix et en tant qu’ami de Kataryna Georg, Brekkar Draketerus, et de votre fille, la troisième princesse Elleyzabelle Sojourn Seyendraugher. Je tiens les preuves dans mes mains, » déclarai-je d’un ton ferme, mais je ne pus m’empêcher de déglutir à la fin.

Le dragon devant moi dégageait une intention meurtrière suffisante pour faire frémir toute une armée. Il en avait probablement la force aussi. Chaque cellule de mon corps m’avertissait que l’entité face à moi était de loin le dragon le plus puissant que j’ai jamais rencontré jusqu’à présent, et il n’était pas du tout amical. Un faux pas et c’était la fin pour moi.

« C’est un nom que je n’ai pas entendu depuis plus de 500 ans et je peux difficilement croire que mon ami Brekkar, qui devrait être déjà mort aux mains des humains t’aurait envoyé. » Gronda-t-il.

« Hein ? Que voulez-vous dire par mort ? La potion que je lui ai faite l’a complètement guéri. Je veux dire, bien sûr, ça avait l’air d’être assez mauvais pour qu’il s’évanouisse, mais il courait le lendemain, hurlant qu’il ne pouvait pas attendre pour retourner sur le champ de bataille. Êtes-vous sûr que vous êtes au courant des dernières choses se déroulant dans votre royaume ? » J’avais demandé en étant un peu surpris par son commentaire, et pendant un moment, j’avais complètement oublié de garder un ton calme et respectueux, pour revenir à mon habituel.

« Quoi ? » Le roi se retourna et, avec une paire d’yeux brillants dorés, il me jeta son regard perçant.

J’avais dégluti.

J’ai foiré. Pensais-je.

« As-tu dit la vérité tout à l’heure ? » demanda-t-il.

J’avais acquiescé si vite que j’avais eu l’impression que ma tête allait s’envoler de mes épaules.

« Donne-moi ces lettres et cette médaille. MAINTENANT ! Je vais évaluer de mes propres yeux s’ils sont des originaux ou non. » Il tendit la main.

J’avais dégluti. « Bien sûr, voilà... »

Il les attrapa puis me jeta un coup d’œil.

« Tu as vraiment du courage de venir ici après avoir couché avec une femme. Eh bien, peu importe… si c’est un mensonge, alors c’est ton dernier jour, et c’est excusé, » déclara-t-il.

« Non, je ne le pense pas. Je souhaite bien prendre Seryanna Draketerus comme épouse. » Je hochai la tête et je souris.

« Quoi ? » Il plissa les yeux vers moi.

« Elle est aussi la principale raison de ma présence ici. Alors, allez-y, lisez ces lettres et voyez par vous-même si elles proviennent bien des dragons en question, » déclarai-je en souriant.

C’était ça...

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