100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons Chapitre 49

Chapitre 49: Une bonne raclée

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Deux mois et plusieurs jours s’étaient écoulés depuis la dernière fois que j’avais vu Seryanna… je n’avais ni vu Kataryna ou Kléo, mais je savais qu’elles passaient toutes les deux à cette auberge de temps en temps et demandaient comment j’allais.

Chaque fois que j’entendais Collentra m’informer de cela, je commençais à rire de moi-même et retournai dans ma chambre. Je ne restais même pas écouter ce que la dragonne avait à dire, je l’ignorai simplement.

Je pense que c’était il y a environ une semaine lorsque Kataryna s’est arrêtée et a dit à l’aubergiste qu’elle cesserait de payer mon loyer. Aujourd’hui était le grand jour où j’allais me faire virer.

Honnêtement, je m’en fichais… j’étais dans le pétrin et je me détestais pour cela ! Je n’avais ni le désir ni l’intention de m’améliorer.

Quelle utilité de toute façon ? J’étais un humain au milieu d’un continent de dragons où tout le monde détestait mon existence même. J’avais perdu la femme que j’aimais parce que j’avais été idiot et, pour être plus précis, j’étais un idiot encore plus grand parce que, pour une raison quelconque, je croyais que je ne pourrais jamais L’AIMER VRAIMENT parce que nous étions d’espèces différentes.

En effet, j’étais le pire déchet ! J’étais un produit défectueux de l’espèce humaine ! Un échec !

Et là, j’étais assis sur mon lit, pas lavé depuis Dieu sait quand, avec un grand sourire au visage et une bouteille d’hydromel à la main. C’était uniquement pour le spectacle, j’avais essayé de me saouler une fois, mais comme prévu j’avais échoué. Je portais les mêmes vêtements qu’il y a deux mois. C’était un miracle qu’ils ne soient pas déjà désintégrés.

Dans cet état dégoûtant, j’allais accueillir dans ma chambre l’une des plus puissantes dragonnes du continent : Kataryna. Aujourd’hui était le grand jour où elle viendrait certainement me dire à quel point j’étais un échec. Pourquoi ? Parce que je le souhaitais et que ma chance ferait en sorte que ça arrive !

Alors, finalement… la clé avait tourné dans la porte et s’était ouverte. Mon cœur battait très vite et j’avais peur, mais j’avais un grand sourire sur le visage. Le sourire d’un homme désespéré… de quelqu’un croyant avoir tout perdu.

Eh bien… avec Seryanna épousant Draejan, c’était le cas, non ?

Quand la porte fut complètement ouverte, je lui jetai la bouteille d’hydromel… Elle se brisa contre le mur, projetant l’alcool sur tout, sauf elle. Un bouclier de glace empêchait le liquide de la toucher.

Je ne voulais pas faire ça… merde, avais-je pensé.

« Doooonc… Tu es ici pour me demander de te faire un œuf ? » demandai-je en étant le pire.

Je ne voulais pas dire ça ! Qu’est-ce qui m’arrive ?! pensais-je à nouveau.

À l’intérieur, j’étais dans un état de panique, de folie et au bord du gouffre. Je repoussais les limites de ce que je pouvais atteindre, me demandant si je serais capable de me briser et de tout bouleverser. C’était cette sorte de logique tordue dans laquelle mon esprit était.

Deux mois d’isolement et de dépression avaient tendance à faire ça aux personnes… malheureusement, je ne m’attendais jamais à ce que ce soit si grave au point que quelque chose d’autre que moi parle. En fait, ce qui sortait de ma bouche n’était que des déchets.

« Il semblerait que tu te débrouilles bien, Alkelios, » déclara Kataryna, puis elle fracassa le bouclier de glace avant d’entrer dans la pièce.

L’hydromel gelé était tombé au sol et je l’avais regardée de la tête aux pieds, mais j’avais forcé mes yeux au niveau de sa poitrine.

« Déshabille-toi, » avais-je ordonné en souriant.

« Hm ? » Elle sourit et inclina la tête vers la gauche.

« Déshabille-toi, » me répétais-je.

Un pic de glace avait été envoyé et avait frappé le mur à un centimètre de mon cou.

Je n’avais même pas bronché. J’avais souri à la place et laissais ces détritus s’échapper de mes lèvres.

« Déshabille-toi, » ordonnai-je une fois de plus.

Kataryna secoua la tête et poussa un soupir.

« J’ai peut-être attendu trop longtemps ? » se demanda-t-elle à voix haute.

« Qui sait ? Est-ce que tu vas déshabiller ou non ? » demandai-je, s’il te plaît non… Pensais-je.

« Dis-moi… Seryanna est-elle toujours sur ta liste ? » demanda-t-elle.

« Oui… et alors ? » demandai-je d’un ton moqueur.

« Je vois… et moi et Kléo ? » demanda-t-elle.

« Oui..., » répondis-je.

« Bien..., » elle acquiesça.

Je m’étais éloigné du lit et je l’avais approchée.

« Il n’y a que nous deux ici… je suis jeune, je peux en supporter plus, » je souriais. S’il vous plaît, que quelqu’un me frappe…, pensais-je.

Et ma prière avait été accordée, le poing de Kataryna m’avait frappé droit dans le ventre. C’était un coup si puissant que j’avais vomi tous mes repas de ce jour.

« Tu as oublié de dire “s’il te plaît”. Maintenant, je crois que je suis celle devant m’excuser. Après une semaine, j’aurais dû savoir que les choses se passeraient ainsi. Mais je te considérais comme un dragon et non comme un humain. Pour nous, il faut plus de temps pour atteindre ton état actuel, » me déclara-t-elle avec un sourire me donnant des frissons.

« Je vais... parfaitement bien… ! » rétorquai-je en toussant.

« Vraiment ? » déclara-t-elle d’un ton moqueur.

« Oui… Je n’ai pas besoin de toi, Seryanna, Kléo, Brekkar ou qui que ce soit D’AUTRE ! Laissez-moi tout seul ! Je suis un humain, n’est-ce pas ?! Juste un imbécile ! Un jouet pour vous, les dragons ! » Je la foudroyai du regard et tentai de la repousser, mais elle esquiva et je tombai au sol.

« Je peux voir ça. Tu vas si bien que tu vis comme un porc dans un endroit où le soleil ne brille pas, » répliqua-t-elle.

« Ha ! Bien joué ! » Je la pointai du doigt. « Alors, est-ce que tu vas te déshabiller ou non ? » Lui demandai-je à nouveau avec un sourire moqueur.

« D’abord tu me demandes de te laisser seul, puis de me déshabiller. » Elle inclina la tête. « Si j’étais Seryanna, j’essaierais peut-être de te réconforter comme ça, mais… je suis assez sage pour comprendre que ça n’est pas le remède dont tu as besoin. » Elle sourit.

« Et qu’est-ce que c’est ? » demandai-je en rigolant.

Je n’avais aucune idée de ce qui s’était passé, car je savais maintenant que je me trouvais à l’envers au milieu de la rue dans une bande de détritus. Je clignai des yeux surpris et regardai les dragons effrayés.

« Qu’est-ce que… argh ! Mon corps me fait mal..., » avais-je gémi.

« Je n’aurais pas pensé que tu ne peux même pas esquiver quelque chose d’aussi lent que ça. Comme le puissant est tombé bien bas~, » déclara Kataryna en secouant la tête.

En suivant la direction de sa voix… depuis la position dans laquelle je me trouvais, je la vis avancer dans un grand trou dans l’auberge où j’étais.

Cette folle m’a actuellement envoyé à travers le mur ?! Et... j’ai survécu ? pensais-je, sans savoir quelle partie m’étonnait le plus.

« Je suis juste un peu rouillé..., » commentai-je en essayant de me relever, mais j’étais tombé au sol.

En me heurtant à quelque chose, j’avais regardé en arrière et j’avais vu Kataryna debout avec sept pics de glace flottant derrière elle. J’avais dégluti en sautant hors du chemin. Un de ces pics de glace avait poignardé le sol où je me tenais un instant plus tôt.

« Essaies-tu de me tuer ?! » avais-je crié.

« OUI ! » répondit-elle en riant.

« Tu es folle ! » J’avais crié en commençant à courir.

« Je suis une éveillée supérieure ! Folle est mon petit surnom ! » Cria-t-elle en me suivant.

Comme prévu, les gardes et tous les autres se tenaient à l’écart de notre chemin. En fait, maintenant que j’avais l’air d’aller mieux, Kataryna portait un badge avec l’emblème de la troisième princesse. Peut-être l’avait-elle mise pour ne pas être dérangée par les gardes et autres personnes. S’il y avait deux aventuriers se disputant, ils auraient essayé d’intervenir, mais si quelqu’un comme moi, qui n’avais pas l’air différent d’un idiot, était poursuivi par quelqu’un représentant la royauté, ils n’auraient certainement pas osé intervenir.

Dès que je m’en étais rendu compte, j’avais essayé de courir plus vite, mais les pics qu’elle me lançait n’étaient pas une illusion. L’un d’eux était passé assez près pour m’érafler. Après celui-là, j’avais souhaité ardemment qu’aucun d’eux ne me frappe.

« Arrête de courir et meurs ! » Me cria-t-elle.

« Non ! » avais-je rétorqué en sautant sur un bâtiment.

Courir à travers la foule était difficile, alors je m’étais servi de mes statistiques pour sauter sur les toits. Au moment même où j’allais atterrir, j’avais entendu Kataryna crier derrière moi.

« Une ouverture ! »

Quand je m’étais retourné, je l’avais vue voler vers moi avec les ailes déployées. J’avais essayé de bloquer, mais avant même de pouvoir souhaiter quoi que ce soit, j’avais été frappé. Le coup de poing m’avait envoyé m’écraser sur le toit d’un immeuble à travers la fenêtre d’un autre. Plusieurs dragons hurlaient de peur, surpris par la soudaine bataille.

J’avais toussé et craché un peu de sang. Le coup m’avait ouvert la lèvre.

En la maudissant, je m’étais relevé, mais en levant la tête, j’avais vu Kataryna debout à côté de moi souriante. Elle m’avait donné un coup de pied aussi fort que possible dans la poitrine. Le coup était si puissant que j’avais de nouveau volé à travers le mur d’un bâtiment et percuté le mur entourant Drakaria.

« Ne t’inquiète pas, la troisième princesse paiera pour les dégâts ! » Annonça Kataryna peu après son attaque.

La gravité m’avait décollée du mur et j’étais tombé au sol avec un bruit sourd. Tout mon corps me faisait mal. J’avais toussé plusieurs fois avant d’essayer de me lever.

Bordel… Je ne me souviens pas qu’elle soit si puissante… Peut-être que ma chance ne fonctionne pas comme prévu ? Argh… j’espère pouvoir m’en sortir vivant..., pensais-je dans l’espoir de ne pas mourir.

C’était drôle, car je cherchais jusqu’à présent la mort ou une chose me poussant plus profondément dans ce trou de souffrance, et que maintenant j’espérais ne pas mourir.

« Alors, tu veux toujours que je me déshabille pour toi ? » demanda-t-elle avec un sourire alors qu’elle se posait à quelques mètres de moi.

Les dragons autour avaient été surpris et s’étaient enfuis, sauf un.

« Ça ne me dérangerait pas si tu déshabillais pour moi, Miss. » Répondit un idiot à moitié saoul.

Kataryna ne perdit même pas une seconde et le décapita avec un pic de glace.

« Je ne te parlais pas, » elle sourit puis brisa la pointe avec laquelle elle l’avait tué. « Maintenant, Alkelios… Où en étions-nous ? Ah oui, je te chasse ! » Acquiesça-t-elle avec satisfaction.

Est-ce qu’elle essaie réellement de me tuer ? pensais-je, horrifié.

En la voyant préparer un sort, je levai immédiatement la main devant moi et tentai de lancer une boule de feu, mais elle ne sortit pas… non, je n’avais pas le courage de l’attaquer.

Je m’étais maudit, puis j’avais esquivé au mieux avant de m’enfuir.

« Allons ! Ça devenait intéressant ! » déclara-t-elle en se dirigeant vers moi.

Elle m’avait attrapé par l’arrière de mes vêtements puis s’était envolée.

« Argh ! Lâche-moi ! » Lui avais-je crié.

« Non. Je veux que tu voies quelque chose en premier. » Me déclara-t-elle.

« Quoi ? » avais-je demandé en espérant que ce n’était pas ma vie qui brillait sous mes yeux.

Étonnamment, je n’avais pas peur d’elle. Pour une raison quelconque, j’avais l’impression qu’elle n’allait pas me tuer. Tout au plus, elle allait juste me battre à moitié mort.

« Regarde là-bas, » déclara-t-elle en s’arrêtant de monter.

Nous étions assez haut dans le ciel. Tellement haut, que je voyais un pingouin volant passer.

« Hein ? » Je clignai des yeux surpris en voyant l’oiseau en costard aux ailes gigantesques s’éloignant, sans nous déranger.

« Alkelios ! Oublie cet oiseau stupide et baisse les yeux ! » Cria Kataryna en me secouant dans les airs.

« Oui ! Oui ! » déclarai-je en regardant en bas.

***

Partie 2

Ce que j’avais vu de si haut, à part la fumée provenant des bâtiments que nous venions de détruire à l’intérieur de la capitale et près de ses murs, s’étendait sur tout le terrain et c’était un camp militaire. Des milliers de tentes et de multiples feux de camp recouvraient le terrain. Quelques zones d’entraînement avaient été aménagées et à côté de la rivière se trouvaient la cavalerie de Khosinni.

« Qu’est-ce que c’est ? » demandai-je, confus.

« C’est l’armée de Brekkar maintenant sous le contrôle de Draejan. Elle fait trois fois la taille de celle ayant été vers la Cicatrice du Champ de Bataille. Cependant, très peu de soldats, voire aucun de ceux ayant participé à cette bataille sont présents…. La plupart d’entre eux sont des voyous et des bandits. Les commandants sont des dragons sans cervelle, et contrairement à l’ancienne armée, celle-ci n’accepte pas de dragonnes, et encore moins de hauts rangs. Ils les regardent de haut, » m’avait-elle dit.

« Et c’est mauvais, non ? Mais je ne savais pas que l’armée de Brekkar avait des dragonnes, » lui avais-je dit.

« Il est dit que personne ne rugit plus fort qu’une dragonne sur qui on a marché sur la queue. Et les Dieux n’ont aucune pitié pour ceux ayant mis en colère une dragonne enceinte. Mais tu ne crois pas vraiment que tous ces serviteurs au manoir des Brekkar étaient TOUS des dragons locaux, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle avec un grand sourire narquois.

« Ne le sont-ils pas ? » clignais-je des yeux de surprise.

« Ces “serviteurs” ont éliminé plus de la moitié des bandits ayant envahi le manoir avant même que Brekkar ne se joigne à la bataille, » me déclara-t-elle.

« Cela ne ressemblait pas à ça pour moi… sont-ils tous aussi forts ? » Clignai-je des yeux encore plus surpris.

« Oui. Brekkar s’est vanté une fois d’à quel point les dragonnes dans son armée étaient au top. C’était les meilleurs commandants qu’il ait pu trouver. Les serviteurs étaient tous des hommes, » répondit-elle.

« Brekkar a-t-il un fétiche des servantes ? » demandai-je.

En me tirant vers le haut, Kataryna m’avait alors murmuré : « Je ne sais pas, mais si tu veux, un jour… qui sait..., » en me lâchant.

« Hein ? TU M’AS LÂCHÉ ! » criai-je en tombant.

« Tehe~ oups ? » Ria-t-elle.

Cette dragonne s’amusait beaucoup trop à me battre. Eh bien, j’avais autre chose à faire que de me mettre en colère contre elle, c’était de réussir à atterrir. À la vitesse où j’allais, peu importe mes statistiques, je n’en sortirai pas indemne.

« Un jour, elle paiera pour ça..., » grommelai-je alors que je pointai mes mains vers le sol, en chantant le sort pour une Barrière d’Air.

J’en avais jeté plusieurs les unes sur les autres et j’avais prié tous les Dieux pour ne pas mourir en tombant au sol.

Ce moment avait semblé durer une éternité et avait poussé mon adrénaline au maximum. J’avais serré les dents, les poings et tout mon corps s’étaient contracté. Ma vie était en jeu, et la seule chose pouvant me tirer d’affaire était ma magie, mes réflexes et, espérons-le, un bon jugement.

L’atterrissage était tout sauf agréable. Les barrières s’étaient brisées les unes après les autres jusqu’à ce que la dernière se brise, et j’avais heurté le sol avec la force restante. Mes mains avaient touché le sol et j’avais pu sentir mes muscles crier et abandonner alors que mon torse touchait le sol. Comme je n’étais pas tombé droit, j’avais rebondi et tourné en l’air, avant d’atterrir sur mon derrière. Il n’y avait pas assez de force pour un second rebond, et donc j’avais glissé sur le sol. Mes vêtements étaient déchirés, mais ma peau était toujours intacte.

Ma chance avait fait en sorte que je puisse survivre, mais ma poitrine me faisait tellement mal que je sentais que j’allais m’évanouir de douleur à chaque respiration.

« Qu’est-ce que c’était ? » demanda quelqu’un alors que la poussière se déposait autour de moi.

« Quelqu’un est tombé du ciel, » déclara un autre.

« Peut-être que c’est un idiot ne sachant pas contrôler ses ailes ? » proposa quelqu’un.

« Est-il mort ? » demanda un autre.

« S’il est mort, je prends son argent. »

« Hey ! Il bouge ! Tch ! »

Alors que j’étais couché par terre, gémissant de douleur, je m’étais rendu compte que je n’étais pas entouré par les meilleurs dragons qui soient. Une fois la poussière retombée, je pouvais mieux voir où je me trouvais… en plein milieu de l’armée de Brekkar. Si ce que Kataryna avait dit était vrai, il ne restait plus que le nom du glorieux groupe qui avait marché pour sauver Albeyater de l’invasion humaine.

Alors… à quoi sert Seryanna ? Était-ce que je me demandais.

« Hey ! Qui es-tu ? » Un demanda.

« Regarde son dos… pas d’écailles. » Fit remarquer l’un d’eux alors que je me relevais.

C’était vrai, ma chemise au niveau de mon dos avant disparu et le haut de mon corps était visible.

« Pas possible… un humain ? » Quelqu’un demanda.

« Ici ? Quand les humains ont-ils appris à voler ? » Demanda l’un d’entre eux.

Je me tenais la poitrine, mes côtes me faisaient mal et je pouvais à peine tenir debout. Si ces gars pensaient m’attaquer, je ne pourrais pas faire grand-chose.

« Ah ! Regarde cette beauté ! »

J’avais cligné des yeux de surprise.

J’espère qu’il ne parle pas de moi…, priai-je.

Soudain, j’avais réalisé que Kataryna était également descendue et avait atterri à plusieurs mètres de moi.

« Regarde cette poitrine ! » Fit remarquer l’un d’eux.

« Es-tu seule beauté ? »

« Enfin, une femme ! » déclara l’un d’eux, exaspéré.

« J’étais fatigué de chasser les filles s’aventurant hors de la ville… Argh. »

Le dernier qui avait parlé s’était retrouvé avec un pic de glace au milieu de la poitrine. Kataryna n’avait même pas bronché en le tuant.

« Par les Dieux ! Elle a tué le commandant Prampus ! » Cria quelqu’un, et tout à coup les dragons commencèrent à dégainer leurs armes et à nous entourer.

« Qui penses-tu être ? »

« Une fois que nous t’aurons bien battue, nous allons te transformer en la salope de notre camp ! »

« Les femmes n’ont aucun droit ici ! »

« Nous allons te tuer ! »

« Nous allons te violer ! »

Leurs cris devenaient énervants au point où même moi je commençais à être en colère, mais Kataryna n’avait même pas sourcillé. Elle restait juste là à me regarder.

Avec sa force, elle pourrait facilement tous les tuer… Pourquoi ne les menace-t-elle pas ? Me demandais-je ?

Soudain, l’un d’entre eux s’était déplacé derrière elle et avait tenté de l’attaquer. Par réflexe, je lui avais lancé une flèche de terre. La pointe avait traversé sa poitrine et en avait tué deux autres derrière lui, puis avait continué à voler jusqu’à s’arrêter, en s’enfonçant à moitié dans l’armure posée près d’une des tentes.

Ça m’avait choqué.

« Hé… tu as vu ça ? » déclara l’un d’eux, secoué.

« Impossible… Quel pouvoir..., » déclara un autre.

C’était… cette attaque n’était pas censée être puissante, pensais-je.

Quand j’ai regardé Kataryna, je l’ai vue sourire. J’avais dégluti.

« Tuez ce gars en premier ! » Cria l’un d’eux et environ six personnes coururent vers moi.

Surpris, j’avais lancé un mur de feu et une faux de vent avec la même force et vitesse que lorsque j’avais combattu Draejan. Deux soldats étaient tombés dans le mur de feu, en hurlant de douleur à cause de brûlures, tandis que les autres avaient été coupés en deux.

En un clin d’œil, j’avais tué six autres dragons.

Puis, j’avais vu un autre se précipiter vers Kataryna, mais comme elle ne faisait rien pour l’arrêter, j’avais lancé une balle d’eau. Au moment où l’attaque l’avait frappé, tout son corps avait été écrasé. La dragonne avait lancé une barrière de glace pour se protéger des morceaux volants, mais elle me faisait un très large sourire.

« Est-ce que c’était ce que tu cherchais ? » Demandai-je en me dirigeant vers elle.

À ce stade, aucun des soldats n’osait s’approcher de nous. Je m’étais arrêté juste devant elle, mais ma poitrine me faisait mal et j’avais senti un peu de sang au coin de ma bouche.

Elle n’avait pas répondu.

« Hey ! Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que tu es… et cette dragonne ? » l’un d’eux demanda.

J’étais juste en train de regarder Kataryna qui ne répondait pas, et souriait.

J’abandonne… Je dois abandonner ! Je ne peux pas gagner contre toi… je ne sais juste pas comment tu penses… toi et tes jeux de manipulation. TU me rends fou ! Tu as Gagné, dragonne argentée ! pensais-je avant de fermer les yeux pour une seconde.

Pour être honnête à ce moment, mon esprit était vide.

La persévérance de Kataryna avait battu le faible d’esprit. J’avais dit que je voulais mourir, et j’avais fui comme un lâche. J’avais essayé de la repousser, mais je la suppliais en fait de rester. J’avais essayé de lui montrer que je ne pensais pas à elle, mais je l’avais sauvée quand elle avait été attaquée. Dans tous les cas, cette dragonne obstinée et puissante avait réussi à me prouver que tout ce que je lui avais dit n’était pas le vrai moi... Mes vraies intentions, mon vrai moi étaient différents.

J’avais dégluti puis pris une profonde inspiration.

« Je suis celui qui va battre Draejan Doesya à mort. » J’avais ouvert l’œil et regardé Kataryna. « Et elle est mon amie, » déclarai-je.

« Et ? » demanda-t-elle.

« Ma seconde femme après Seryanna ! » avais-je ajouté.

Je n’arrive pas à croire que tu m’aies poussé à dire quelque chose d’aussi absurde devant ces idiots ! avais-je pensé.

« Bien ! » Elle m’avait ensuite pris dans ses bras.

« Oi! » avais-je dit en lui faisant un regard noir.

« Quoi ? » demanda-t-elle en penchant la tête.

« Vraiment ? Une portée de princesse ? » Je plissais les sourcils.

« Parce que tu es ma mignonne petite princesse ! » Rigola-t-elle en déployant ses ailes.

« Vous deux ! Ne pensez même pas vous en sortir après ça ! » Cria l’un d’eux.

« Hm ? J’ai entendu un insecte, » déclara Kataryna avant de libérer une vague de froid.

En un instant, tout le monde à moins de 50 mètres de nous avait été gelé. Elle n’avait montré aucune pitié face à eux. Elle ne les regarda même pas, elle me fixait simplement avec un grand sourire.

« Tu aimes vraiment tes sculptures de glace..., » déclarai-je.

« J’ai beaucoup pratiqué quand j’étais plus jeune, » répondit-elle. Puis elle sauta en l’air.

Nous nous étions envolés du camp, alors que l’apparition soudaine de soldats gelés avait suscité beaucoup de bordel.

À ma grande surprise, je n’étais pas inquiet des conséquences d’avoir tué tous ces dragons. Sur Terre, cet exemple de meurtre de masse n’aurait pas été pris à la légère. Tout le pays se serait mobilisé pour attraper le criminel, mais ici, cela dépendait de nombreux facteurs. Même si on voulait attraper et menotter Kataryna, ils avaient toujours affaire à une éveillée supérieure, ce qui signifiait qu’ils devaient mettre dans la balance la raison pour laquelle elle les avait tués.

En fin de compte, s’inquiéter de leur vie n’était qu’une perte de temps. Penser que quelqu’un essaierait de nous rendre responsables l’était aussi.

***

Partie 3

Quelque temps plus tard, Kataryna avait atterri sur la rive d’une rivière. Je ne savais pas où nous étions exactement, à savoir que cet endroit était loin de Drakaria, à une heure de vol environ.

Au moment où elle m’avait posé au sol, j’avais senti mon corps entier me faire mal à nouveau, et la dragonne m’avait jeté une potion de guérison.

« Je n’en ai pas besoin..., » déclarai-je obstinément.

« Bois, ou je te la fais boire. » Elle me montra son poing et un sourire.

J’avais bu comme un soldat obéissant à un ordre.

Une fois que ce fut fini, je poussai un soupir de soulagement et senti mon corps commencé à guérir. Il me faudrait plus qu’une potion pour me remettre entièrement, mais c’était un bon début.

« Je suis désolée d’avoir dû te battre comme ça..., » déclara-t-elle en s’asseyant sur l’herbe.

J’avais pris place à côté d’elle et je m’étais couché.

« Entre nous… je l’ai mérité..., » déclarai-je.

Pendant ce vol, j’avais réfléchi à beaucoup de choses.

« Je le sais..., » elle acquiesça.

« Mais, merci..., » déclarai-je en fermant les yeux.

« Mais, de rien. »

Un moment de silence avait suivi, alors que nous n’écoutions que le doux son de l’eau coulant. C’était agréable. De temps en temps, nous entendions un poisson sauter, puis revenir avec un plongeon. C’était étonnamment apaisant et relaxant, pas le type de sentiment que j’attendrais de ressentir après qu’on m’ait donné une fessée.

« Tu sais, ta chance n’est pas sans faille..., » me dit-elle.

« Je l’ai remarqué..., » répondis-je.

« Si tu ne l’utilises pas, c’est la même chose que pour tout le monde. »

« Oui… et j’ai oublié de l’utiliser dans le combat contre Draejan… Ah ! Parce que tu as tué ses soldats, personne n’ira lui parler de ma déclaration, géniale ! » Ris-je.

« Tu auras une autre chance. » Rigola-t-elle.

J’avais entendu un bruissement et j’avais ouvert les yeux. Kataryna s’était assise derrière moi et tapota sa cuisse quand je la regardai. La dragonne m’offrait un coussin de genoux et je n’osais pas refuser.

Après m’être installé, elle avait commencé à me caresser les cheveux.

« Tu dois prendre un bain, » commenta-t-elle.

« Je le sais. Mais n’ose pas me jeter dans la rivière. Mes côtes sont encore en train de se ressouder, » lui dis-je.

« Tch. » Elle fit claquer sa langue.

Un autre moment passa comme ça, à juste écouter le son de la rivière. Le premier à rompre le silence cette fois était moi.

« Kataryna ? Où est-ce que je me suis trompé ? » Lui avais-je demandé.

« Ça dépend..., » répondit-elle.

« J’ai fait de mon mieux depuis que je suis arrivé ici… j’ai essayé de ne pas me démarquer ni causer de problèmes à qui que ce soit. Tu sais, il y a un an, je n’aurais jamais cru possible de tuer quelqu’un sans même broncher, mais je me suis retrouvé capable de le faire vraiment facilement et cela me fait peur. Cela me fait vraiment peur..., » dis-je.

« Je sais... »

« J’ai aussi pensé à Seryanna… J’ai réfléchi longtemps après notre départ, mais je ne pouvais que me voir échouer. C’est une bonne femme, une bonne chevalière, je ne la mérite pas, c’est ce que je pensais, mais je ne veux pas la donner à qui que ce soit d’autre ! » Je plaçai ma main sur mon visage, essayant de cacher mes larmes, mais elle l’a enlevé.

« Pleurs, si tu le dois… je veux voir le vrai toi. » Elle sourit.

« Mais je suis faible… Je suis si faible, n’est-ce pas ? » Demandai-je.

« Tu as tué ces dragons en une fraction de seconde. Tu n’as pas hésité à me protéger alors même que tu savais que je n’en avais pas besoin… Un faible ne pourrait faire cela. Un faible n’aurait pas déclaré que quelqu’un comme moi, une éveillée supérieure soit sienne devant autant de dragons sans craindre d’être tué par moi. »

« Je m’en fiche de ça… je savais que tu voulais que je le dise. Depuis que tu as dit que tu voulais avoir un œuf avec moi, je savais que tu étais sérieuse, mais j’avais trop peur de l’accepter. J’avais trop peur de la responsabilité, de l’avenir, de ce monde, de toute… je veux dire, je n’ai que 18 ans ! Eh bien, presque 19. Mais je suis toujours un enfant ! » Pleurai-je

« Alors… grandis. » Déclara-t-elle avec un sourire.

« Grandir ? » Je la regardai à travers mes larmes.

« Sais-tu que lorsque je t’ai dit ces mots, je m’attendais à ce que tu me refuses ? Je penserais que tu serais dégoûté à l’idée de devoir coucher avec une dragonne comme moi. Je penserais me faire abandonner, ou quelque chose comme ça..., » dit-elle.

« Je n’ai vu aucune raison de faire cela... » Dis-je en fronçant les sourcils.

Kataryna se pencha et m’embrassa sur le front, puis, lorsqu’elle se recula, elle sourit.

« Qu’est-ce que c’était ? » avais-je demandé.

« Pour voir comment tu allais réagir. » Elle sourit.

« Ai-je passé le test ? »

« Oui. » Elle acquiesça.

« Bien… Maintenant, s’il te plaît, explique… pense à moi comme un idiot, un bébé… Explique… s’il te plaît. » Dis-je en fermant les yeux.

« Bien sûr. Par quoi commencer alors… ? Hm… Ah oui, sais-tu ce qu’est une personne éveillée ? » Demanda-t-elle.

« Atteindre le niveau 1000 ? » Répondis-je.

« C’est une percée forcée. »

« Il existe des variantes de l’éveil ? »

« Oui, mais peu le savent… Tu vois, de retour dans Zerudan, j’étais considérée comme une dragonne très faible étant jeune. La plupart des dragons ont essayé avec moi, et si je n’avais pas eu de chances, j’aurai fini violée ou pire. À l’époque, les dragons n’étaient pas aussi civilisés que maintenant, ou peut-être que c’était juste Zerudan qui était comme ça. » Dit-elle en haussant les épaules.

« Comment ça ? » Demandai-je.

« La famille royale ne s’est jamais mariée en dehors de leur lignée. La noblesse, bien que composée de quatre grandes familles seulement, était liée par le sang. Les femmes n’avaient presque aucun rôle dans la société à part donner beaucoup d’œufs à leurs mâles. Ils pratiquaient l’esclavagisme et, dans une certaine mesure, les quatrième et cinquième enfants d’une famille, finissaient toujours par devenir esclaves. La moitié de l’armée était composée de personnes comme eux. Et ce n’était que ce qui était visible… Si tu vivais dans l’ombre comme moi, il était possible de voir des choses bien pires… Les expériences sur les dragons et les tortures faisaient partie des pires. Tu vois, la plupart des nobles ont essayé de comprendre de quelle manière il était préférable de s’éveiller. Ils ont réalisé qu’il y avait certaines conditions derrière cela, mais ils n’ont jamais compris lesquelles. Celui l’ayant atteint était mon premier ami, un dragon à écailles bleues, qui était beau, intelligent et courageux... »

Quand elle l’avait décrit, j’avais senti un certain changement dans sa voix. C’était comme si elle se souvenait d’un amant pas simplement d’un ami.

« Il ressemblait à Seryanna, un dragon supérieur d’un haut élément. Contrairement à elle cependant, c’était de l’eau et, comme on pouvait s’y attendre, il s’efforçait de devenir un bon guérisseur et agriculteur. Il rêvait d’un jour planté son propre verger avec lequel il nourrirait les orphelinats voisins. » Elle laissa échapper un soupir puis poursuivit. « À l’époque, moi aussi je me croyais trop faible pour le protéger... »

Deux gouttes d’eau étaient tombées sur mon front. J’avais ouvert les yeux et vis l’expression compliquée de Kataryna alors qu’elle se battait avec ses sentiments. Cette dragonne incroyablement puissante pleurait devant ce faible… humain.

« Je pensais que je n’avais pas assez de force pour être à ses côtés. Quand ces moutons ont sauté à l’intérieur et l’ont mordu, ils m’ont repoussé… ils m’ont accusé de choses que je n’avais pas faites. » Elle secoua la tête. « Alors, j’ai couru… en pensant qu’il serait préférable de commencer par acquérir de la force, puis de retourner à ses côtés. Je suis partie sans dire un mot. Je me suis cachée et j’ai grandi… Mais... » Elle ferma les yeux et laissa échapper un gémissement. « Je continue de penser… qu’est-ce qui se serait passé si je n’étais pas partie ? Que se serait-il passé si j’avais demandé de l’aide ? Qu’est-ce qui se serait passé si je l’avais simplement regardé dans les yeux et lui avais dit la vérité ? » Dit-elle d’une voix tremblante alors que ses larmes coulaient sans cesse sur ses joues.

Pour moi, celui que je croyais le plus faible de tous, le fait de voir cette puissante dragonne pleurant, était tout simplement choquant. Je m’étais demandé quelle était la véritable signification de la force. Cela m’avait fait me demander ce que je cherchais en étant fort et ce que cela voulait dire. Quand est-ce que j’y arriverais ? Le faible me posait ces questions, et la forte Kataryna y avait répondu en pleurant.

« Ce dragon… sans personne à ses côtés, il s’est battu pour son rêve. Mais il y a tellement de choses que l’on peut supporter, et ces moutons l’ont finalement attrapé à la gorge. Quand je suis rentrée… j’ai assisté à sa disparition, mais même alors… avec un sourire indulgent... Il me l’a dit… il m’a dit, à celle qui s’est enfuie et qui l’a laissé comme ça, qu’il m’aimait. Il m’a souhaité une vie heureuse..., » dit-elle en fermant les yeux, mais ses larmes ne s’arrêtaient pas.

Levant la main, je touchais doucement sa joue et lui demandai : « Est-ce pour cela que tu souhaites un enfant ? » Lui avais-je demandé.

Elle ouvrit les yeux et hocha la tête. « Tu me plais, Alkelios, mais l’amour, c’est trop pour moi… pas pour le moment du moins. Avec le temps, peut-être… mais maintenant, je ne peux tout simplement pas aimer quelqu’un d’autre que lui, et tu ne veux certainement pas être perçu comme son remplaçant. Cependant, une famille est quelque chose que je pense qui peut toujours me rendre heureuse. Avoir moi-même un enfant est quelque chose que je désire ardemment, mais pas tant que j’étais faible… C’est drôle comme ma faiblesse a pu être ton salut. » Elle se mit à rire, mais elle pleurait toujours.

« Est-ce que je vais faire la même erreur que toi ? Est-ce la raison derrière le fait que tu fais ça pour nous ? » avais-je demandé.

Elle acquiesça.

J’avais dégluti.

« Qu’est-ce que j’allais finir par faire… ? » Demandai-je.

« Tu serais parti comme moi pour devenir fort. À ce moment-là, Seryanna aurait été seule… elle se serait sentie seule, abandonnée et responsable de ton départ. Cela l’aurait rongée intérieurement, et à la fin, elle aurait cédé. Elle aurait commis une erreur, parce que c’est naturel d’en faire. Nous ne sommes pas des Dieux parfaits, Alkelios, nous avons des cœurs, des émotions et vivons avec l’idée que demain et aujourd’hui aussi nous apporterons un sourire. Et tu serais rentré quand il serait trop tard..., » elle essuya ses larmes.

« Es-tu certaine de ça ? » avais-je demandé.

« Oui..., » elle acquiesça. « Après ton départ comme ça… l’énergie de Seryanna a disparu. »

« Que veux-tu dire ? » Je fronçai mon front. « La lumière dans ses yeux s’est estompée et elle se sentait très mal. Rien ne semblait l’affecter, mais elle n’avait pas non plus la force de faire quoi que ce soit. Elle marchait sur une route vide en direction de ce panneau qui disait… “STOP”. » Elle leva les yeux au ciel.

J’avais dégluti et senti la culpabilité s’accumuler à l’intérieur de moi. Je ne savais pas que Seryanna traversait quelque chose comme ça, que mon départ l’avait autant affectée. Je pensais être le seul affecté, mais… je suppose que ce n’était pas le cas.

« Tout le monde veut s’éveiller afin de “grandir”. Ensuite, tout le monde veut réaliser une percée pour être “fort”. Mais tu sais, comme son nom l’indique, cela signifie de devenir fidèle à soi-même et accepter ce que tu es. Cela signifie, s’éveiller en tant qu’individu et non de changer son apparence physique, comme le pensent la plupart des gens. L’éveil des dragons est le moment de la maturité MENTALE, mais à travers les âges, il a fini par être confondu avec la maturité PHYSIQUE. Pendant ce temps, une percée signifie la “force”, mais cela a été confondu avec l’idée qu’il faut ATTEINDRE le niveau 1000 selon la divination du temple. Une autre idée fausse… Il est vrai qu’atteindre ce niveau de puissance donne un coup de pouce en force, en vitesse et en magie, mais… ce n’est rien comparer à une VRAIE percée, que tu peux réaliser même à un niveau inférieur, » elle baissa les yeux vers moi.

« Je vois..., » déclarai-je.

***

Partie 4

« C’est pourquoi, même si Draejan est si proche du niveau de puissance 1000, il est encore loin d’atteindre l’état d’Éveillé supérieur. C’est un dragon qui convoite le pouvoir politique et militaire. Il croit qu’il y a une GRANDE différence entre la noblesse et les roturiers et, plus important encore, sa mentalité ne peut voir au-delà des lois établies dans la société dans laquelle il vit. C’est pourquoi la nature fera tout ce qu’elle peut pour ralentir sa croissance. En même temps, cela explique pourquoi la tienne était incroyablement rapide… Tu ne t’es pas opposé à cela et tu as essayé de t’adapter, d’apprendre, de grandir… en quelques mois, tu as réalisé ce qu’il faut aux humains ordinaires des dizaines d’années et aux dragons des siècles, » sourit-elle.

« Est-ce le cas ? »

« Oui. » Elle acquiesça. « Voir un humain avec la mentalité de quelqu’un ayant atteint un éveil supérieur, mais sans avoir atteint le niveau 200 est plus qu’étonnant. Je suis tombée amoureuse de toi à cause de ça. »

« Tu ne m’aimes pourtant pas encore, n’est-ce pas ? » Je levai un sourcil.

« Je t’aime. Je dormirai avec toi. Je te laisserai même me féconder, mais je ne te laisserai pas avoir mon cœur… pas encore. Pour cela, tu devras attendre que je sois prête… si jamais je le serai un jour. Jusque là, je serai ta meilleure amie. » Elle me fit un sourire gentil.

« Je ne sais pas si je devrais être surpris ou choqué, » déclarai-je.

« C’est la même chose, » rigola-t-elle.

« Ah ! Eh bien… dans ce cas, heu… heureux ? » J’avais plissé les sourcils.

Elle secoua la tête. « Sois ce que tu veux être. Je ne vais pas te forcer à faire quoi que ce soit et si je n’en ai pas envie, je te transformerai en sculpture de glace de même si tu essaies de les pousser sur moi, » elle me fit un sourire rusé.

« Je vois... »

Elle soupira puis dit. « Eh bien, revenons à ce dont nous parlions… un véritable éveillé supérieur revient à accepter le monde tel qu’il est, à voir au-delà de ses lois et à avoir la force intérieure nécessaire. Beaucoup ont tendance à reculer et à fuir au moment où ils entrent dans cet état. En tant que telle, je m’en suis rendu compte pour la première fois peu de temps après avoir assisté à sa mort… J’étais à un niveau de puissance inférieur à 1000, voire même de 500 ? Quoi qu’il en soit, un mois plus tard, j’ai appris que l’armée de Zerudan allait faire face à l’armée d’Albeyater. Ce serait une bataille décisive. » Elle sourit.

« Qu’est-il arrivé ? Eh bien… Albeyater a gagné, je le sais, mais dis-moi ce qui t’est arrivé, » demandai-je.

Elle avait ri. « Oui, ils ont gagné, mais sais-tu que l’armée de Zerudan était presque deux fois plus grande que la leur, et pourtant, ils n’ont même pas perdu un dixième de leurs soldats ? » avait-elle déclaré.

« Comment ? » avais-je demandé, perplexe.

« À cause de moi… atteindre un éveil supérieur m’a permis d’atteindre un pouvoir plus puissant que ce que je n’avais jamais ressenti avant. Je n’étais plus accablée par les lois de ce monde ou, plus précisément, par les lois des mortels vivant dans ce monde. Je suis entrée dans la bataille… et j’ai dansé. Pour le seul que j’ai aimé et avec lequel je ne pourrai jamais être, j’ai dansé… C’était ma dernière danse, ma dernière performance, la preuve de ma puissance. Bien que je sois incapable de lui montrer cette danse, je croyais que son âme pourrait la voir encore. Mes lames ont coupé la chair de mes alliés et des soldats d’Albeyater qui s’étaient trop approchés. J’ai sauté dans tous les sens et je les ai découpés en morceaux… Mon niveau de puissance a augmenté plus rapidement que jamais et puis… j’ai tué le commandant de l’armée, le général éveillé supérieur. C’est à ce moment que j’ai également dépassé le niveau de puissance 1000. » Elle me regarda dans les yeux.

« Tu as fait la dernière danse pour ton amoureux décédé… Penses-tu qu’il l’a aimé ? » demandai-je avec un sourire.

« Il aurait voulu me voir essayer..., » elle avait souri puis elle se pencha et embrassa mes lèvres.

Je ne l’avais pas repoussée et j’avais accepté son baiser. C’était long, mais quand nous nous étions séparés, elle avait souri et avait dit. « Tu sais, si tu acceptes vraiment cette offre de me donner un enfant, tu seras le tout premier homme ou dragon, à poser une main sur mon corps. »

« Quoi ?! Alors tu l’es ?! » Je clignai des yeux en raison de la surprise.

Elle rougit et détourna le regard.

Je laissai échapper un soupir et secouai la tête.

« Qui l’aurait cru ? »

« Je suis une dragonne difficile, peu de gens peuvent m’apprivoiser, et je n’ai laissé personne essayer. » Rigola-t-elle.

J’avais pris une profonde inspiration et levai les yeux vers le ciel. Il faisait complètement nuit maintenant, et les étoiles brillaient fort là-haut. La vue était différente de celle que je voyais chez moi, eh bien… chaque fois que je quittais Bucarest.

« Je veux sauver Seryanna de Draejan, mais je n’en ai pas la force. Je veux être celui le frappant au visage et non quelqu’un d’autre. » J’avais laissé mes désirs être entendus.

« Je vois, alors que veux-tu que je fasse ? Demande et pour toi… je vais le faire. » Elle sourit.

« Sois là pour Seryanna, afin de l’aider. La protéger pendant que je serais parti..., » déclarai-je.

« Alors tu prévois de partir ? » Demanda-t-elle.

« Oui, mais je vais prévenir Seryanna où, pourquoi et pour combien de temps. Et c’est la même chose pour toi et Kléo..., » j’avais regardé vers elle.

« Où veux-tu aller ? » demanda-t-elle.

« À la forêt de Seculiar… Je veux aller chasser et m’entraîner là-bas. J’aurai besoin d’une de ces bagues et quelques ressources. J’aurai aussi besoin d’un nouvel équipement et de trois ou quatre épées, mais après avoir acquis suffisamment de niveaux, mes compétences et ma chance feront le reste, » répondis-je avec toute honnêteté.

« Quand as-tu eu cette idée ? »

« Il y a une semaine, mais je le voyais plutôt comme un moyen de voir combien de temps je pourrai survivre avant de me faire tuer par les monstres… Je voulais y aller avec l’intention d’en faire ma tombe, mais j’ai réalisé que j’étais trop jeune et lâche pour abandonner ma vie comme ça. À cause de cela, j’y vais maintenant avec l’intention de chasser, de m’entraîner et de revenir en vie. » Je lui fis un sourire confiant.

« Je suis heureuse que tu penses de cette façon. » Dit-elle.

« J’aurais voulu rencontrer ce roi d’Albeyater. Je voulais aussi lui dire certaines choses, mais je crains ne pas pouvoir le faire si facilement... » Je soupirai.

« Si tu penses comme un dragon normal et un humain, oui, mais que ferait un éveillé supérieur ? » avait-elle demandé.

« Ignorer les gardes et grimper à la fenêtre ? » J’avais plissé les sourcils.

Elle sourit.

« Tu es sérieuse ? »

Elle acquiesça.

« Ne va-t-il pas me tuer au moment où il me verra ? »

Elle secoua la tête.

« Pourquoi ? Comment puis-je l’empêcher de le faire ? » Avais-je demandé.

« Prends ça. » Elle enleva alors un petit collier et me le montra.

Il avait la forme d’une étoile pointue et portait l’emblème d’Albeyater au centre, mais il y avait une rayure qui allait du centre à la marque des deux heures.

« Qu’est-ce que c’est ? » demandai-je.

« Dans cette bataille, il y a 500 ans, le roi d’Albeyater m’a donné cette médaille d’honneur unique en son genre. Il a lui-même fait cette marque pour la différencier des autres. À ce moment-là, je l’ai reçue afin de l’utiliser comme moyen de prouver mon identité à l’avenir. Si tu la lui présentes, il le saura, mais je recommanderais quand même l’ajout de preuves infaillibles. Quelque chose qui appartient à Brekkar, et une lettre de la Troisième princesse qui se porte garante pour toi. Je m’occuperai de la lettre et tu obtiendras l’autre de Seryanna, » me déclara-t-elle avec un sourire.

« Eh bien, alors ça ressemble comme un plan, » j’avais ri.

« Oui. Alors, comment te sens-tu d’avoir fait tes premiers pas pour devenir adulte ? Qu’est-ce que ça fait de… grandir ? » demanda-t-elle.

« Bien..., » je hochai la tête.

Cette nuit-là, Kataryna m’avait probablement sauvé la vie bien plus que ma chance.

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