100 en Chance et une Compétence en Domptage de Dragons Chapitre 43

Chapitre 43: Rumeurs

Partie 1

***Point de vue d’Alkelios***

Seryanna était rapidement partie dès que nous avions payé les frais et reçu les clés de nos chambres. Je ne réfléchissais pas trop à son départ précipité, elle avait ses problèmes à régler, et le fait d’y mettre mon nez pouvait accidentellement aggraver la situation.

Après nous être mis à l’aise à l’auberge, je m’étais rendu compte que je n’avais pas grand-chose à faire dans ma chambre. Ne pas avoir un ordinateur pour jouer à des jeux ou naviguer sur internet était dur, alors j’étais allé vérifier ce que faisaient Kataryna et Kléo. Avec un objet de stockage, c’était assez facile de se mettre à l’aise, alors la chambre de Kataryna avait déjà l’air légèrement différente, le lit en particulier, c’était un king-size.

« Je vois que tu redécores. En as-tu un autre ? » demandai-je.

« Non, mais il y a la place pour deux, » elle sourit.

« Non, merci. Je vais passer, » je secouai la tête.

« Dommage~, » elle rigola.

« Donc, qu’allez-vous faire, Kléo et toi maintenant ? Je m’ennuie et je n’ai rien à faire, alors je suis ouvert aux suggestions, » lui dis-je.

« Je prévoyais de visiter la ville pour voir comment les choses ont évolué ici. La dernière fois que je suis passée, cet endroit était en pleine guerre, » elle haussa les épaules.

« Je vois, eh bien, même 100 ans serait suffisant pour changer beaucoup de choses, » acquiesçais-je.

« Vrai, » elle sourit.

« Au fait, où est Kléo ? » lui avais-je demandé.

« Elle est descendue pour envoyer une lettre à son grand-père, » elle avait répondu.

« Oh, vraiment ? » avais-je dit, surpris.

« Elle a fait ça dans chaque ville avec un bureau de poste, » avait-elle révélé.

« Quoi ? Comment se fait-il que je n’aie pas remarqué ça ? » demandai je, surpris.

« Si je disais que tes yeux étaient constamment collés sur la poitrine et le derrière d’une certaine dragonne rousse, comprendrais-tu ? » demanda-t-elle avec un sourire.

« Hm. Peut-être ? » répondis-je avec un regard sérieux.

Eh bien, Seryanna était une femme vraiment enchanteresse, donc c’était naturel pour moi de me comporter ainsi, bien que je ne nierai pas le fait que Kataryna soit belle aussi, surtout après qu’elle soit rentrée un jour de pluie. La façon dont ses vêtements collaient à sa peau ferait baver n’importe quel homme.

« Attendons en bas pour Kléo, puis allons visiter la ville ? » suggérais-je.

« Je suis d’accord, » elle hocha la tête.

Je quittai sa chambre et m’assis à une table. La dragonne argentée était descendue peu de temps après et nous avions alors commencé à faire un petit plan sur ce que nous allions faire. Collentra nous avait entendu parler et avait suggéré que nous devions aller visiter les ateliers au sud de la ville juste à l’extérieur des murs. Apparemment, leurs marchandises étaient moins chères, mais en aucun cas inférieures à celles de la zone du marché ou de l’atelier ici dans la ville.

Elle m’avait rendu curieux à ce sujet, mais nous avons décidé de ne pas sortir des murs, car nous ne voulions pas payer la pièce supplémentaire pour y revenir. Si par hasard nous avions passé beaucoup de temps à Drakaria, j’allais finir par rendre visite à cette zone et voir de quoi parlait cette dragonne.

Quand Kléo était revenue, nous avions déjà décidé où aller et quoi voir. La dragonne à écaille noire avait été traînée dehors par nous au moment où elle était entrée. En infériorité numérique, elle n’avait d’autre choix que de suivre nos caprices à travers la ville.

L’une des choses qui m’intéressaient le plus était les bagues avec l’option de stockage. Alors elle nous avait guidés vers l’une des boutiques de la zone du marché. Apparemment, les seuls pouvant en faire étaient les donjons ou un grand maître enchanteur. Pour ce dernier, il avait une chance sur dix de réussir, et le résultat serait un anneau très spacieux. Ce que Kataryna utilisait pour transporter nos sacs et autres était quelque chose que seul un grand enchanteur légendaire pourrait essayer de faire, mais même lui aurait juste une petite chance de succès.

Pour cette raison, les prix affichés dans le magasin étaient scandaleux. 100 pièces d’or étaient le prix minimum et n’étaient même pas suffisantes pour contenir un de nos sacs. Tout au plus, il pouvait stocker autant que le sac à dos pour champignons que Seryanna m’avait fait porter. D’un autre côté, un semblable à celui de Kataryna coûtait 10 000 pièces.

Seryanna nous avait dit à l’époque que ces choses n’étaient pas bon marché, mais bordel, ils étaient chers !

« Et voilà que part mon espoir d’en obtenir un, » je laissai échapper un soupir déçu.

« Maintenant, tu comprends pourquoi mon groupe des Dagues Jumelles a tellement prospéré. En faisant la location de tels anneaux, nous pouvions obtenir un flux stable de revenus, » avait déclaré Kataryna avec un sourire en me tapotant l’épaule.

« En parlant de ça où sont les autres bagues ? » demandai je, surpris.

« Après avoir appris que toi et Seryanna avez exterminé les groupes des Dagues Jumelles, aucun de nos anciens clients n’a osé révéler qu’ils nous avaient loué ces bagues. Ils ont disparu comme le vent, » elle laissa échapper un soupir.

« N’aviez-vous pas une liste des personnes à qui vous les louiez ? » demandai-je.

« Te rappelles-tu de ce trou que tu as fait dans mon repaire ? » demanda-t-elle.

« Erm... peut-être ? » avais-je répondu.

« Eh bien, devine où était ce livre, » elle avait souri.

« Oups..., » avais-je dit.

« Eh bien, ne t’inquiète pas à ce propos, » elle agita la main comme si de rien n’était.

« J’aurais aimé qu’on réussisse à obtenir au moins une de ces bagues... ou que Seryanna n’ait pas rendu la sienne, » je laissai échapper un soupir.

« Eh bien, si tu souhaites en trouver une, alors qui sait ? Nous pourrions tomber sur l’un de mes anciens clients et la “récupérer”, » déclara la dragonne en souriant tout en balançant sa queue.

Par ses gestes, je pouvais seulement comprendre qu’elle allait écraser le pauvre dans le sol et reprendre la bague.

« Ouais, qui sait. Bien que ce que je souhaite vraiment, c’est obtenir une compétence avec un effet similaire à celui de ces bagues, » avais-je dit en soupirant une fois de plus.

« D’ailleurs, quand vas-tu rendre les sacs à ma sœur ? Elle est partie sans eux, je pense ? » souligna Kléo.

« Si elle vient et les demande, je les sortirai pour elle. Aucun problème de ce côté, » avait répondu Kataryna.

« Cela me rappelle, à Toros, j’ai complètement oublié de te demander de prendre certaines de nos affaires, » avais-je dit.

« Je ne m’en suis pas rendu compte avant que nous nous enregistrions à cette auberge, » déclara Kataryna.

« Oui, » Kléo hocha la tête.

« En parlant de ça, quel est le nom de l’auberge actuelle ? » demandai-je.

« Hm, ma sœur ne l’a jamais dit, n’est-ce pas ? » demanda Kléo.

« Non, » je secouai la tête.

« On la surnomme l’auberge Brekkar, » répondit-elle.

« Ah, alors c’est là d’où vient la connexion avec le vieil homme, » j’avais hoché la tête.

« Oui, » elle avait souri.

« C’est plutôt comme s’ils utilisaient son nom pour sa célébrité, et il ne s’en soucie pas du tout, » sourit Kataryna.

« Oui, » Kléo hocha la tête.

Après notre petite discussion et l’échec de l’acquisition d’une bague, nous avions regardé les divers magasins alentour qui vendaient des armes et armures. Grâce à ma compétence d’identification, je pouvais voir la qualité et les enchantements sur les équipements. Pour cette raison, je me sentais comme si je marchais dans une ville d’un MMORPG après avoir fini le jeu. C’était carrément fou ! Non, c’était TOUS des équipements monstrueux, mais la plupart des dragons ici les considéraient comme de qualité moyenne.

Kataryna s’intéressa aux épées, tandis que Kléo regardait les lances. Je n’avais aucune idée de quoi chercher, alors je m’étais promené dans l’espoir de voir quelque chose attirant mon attention. Cependant, ne parlons pas de la partie où Kataryna avait accidentellement transformé une épée très tranchante en boomerang, et du moment où Kléo avait accidentellement maudit une lance. Nous étions partis tranquillement avant que quelqu’un ne puisse nous désigner comme coupables.

Alors que nous cherchions dans les équipements, j’avais entendu plusieurs rumeurs circulantes dans le marché.

« On dit que le roi ne va pas très bien récemment..., » chuchota un des marchands.

« Oui, j’ai entendu dire que la reine était gravement malade aussi. Je ne l’ai jamais revu depuis le festival il y a 12 ans, » avait répondu un acheteur.

« Peut-être que donner naissance à des jumeaux était un peu trop pour elle ? »

« Qui sait ? J’espère juste que cette rumeur selon laquelle elle aurait été empoisonnée par des humains est fausse. »

Si c’est vrai, j’espère ne pas rencontrer le roi de si tôt. Il pourrait me tuer avant même que je ne me présente, pensais-je en déglutissant.

Une demi-heure plus tard, nous avions entendu des soldats parler de quelque chose sur le stand opposé. Nous nous étions tous amusés et nous avions écouté la conversation.

« Le nouveau général est strict, » avait déclaré l’un d’eux.

« Il n’est pas encore général. Le roi le fera après le tournoi l’année prochaine, » déclara l’autre.

« Il pourrait aussi bien le faire maintenant, parce qu’il n’y a personne d’autre pouvant prendre ce travail. D’ailleurs, Sire Brekkar va bientôt mourir à cause de sa maladie... c’est une honte, mais nous ne pouvons pas non plus laisser l’armée sans général. »

« Aussi vrai que cela puisse être, je le déteste toujours... nous faisions partie de la faction de la troisième princesse, maintenant nous serons dans la faction de la sixième princesse... ou est-ce la faction de la famille ducale ? » En se grattant l’arrière de la tête.

« On appelle ça un groupe et non une faction, parce qu’ils ne se battent pas pour le trône. Quand ils le voudront, ils seront appelés faction, » le corrigea-t-il.

« Ne veulent-ils pas dire la même chose ? » demanda-t-il.

« Erm... je pense que oui. »

« Qui sait, c’est quelque chose que les nobles gèrent. Je préférerais honnêtement rester avec le terme faction, » il haussa les épaules.

« Une chose de noble ? Je ne comprends pas..., » il secoua la tête et tous deux s’éloignèrent.

En regardant Kataryna, je lui avais demandé. « Une chose de nobles ? »

« Pour le dire simplement, un groupe qui soutient ou montre des faveurs vers un certain membre noble pour royal qui déclare qu’ils n’essaieront pas de viser le siège du dirigeant. Le groupe est aussi un indicateur de leur potentiel politique, ce qui signifie qu’ils ont plus de valeur à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. D’autre part, une faction est un groupe qui soutient des personnes visant le siège du roi. Dans ce cas, quand le moment vient, celui ayant la plus puissante faction gagne, » avait-elle expliqué.

« Donc basiquement, c’est un jeu politique ? » Demandai-je.

« Oui, » elle hocha la tête.

« Je vois... alors cela signifie-t-il que le parti de la troisième princesse s’affaiblit ? » demandai-je.

« Si ce que nous avons entendu est vrai, alors certainement, » déclara Kataryna alors qu’elle regardait dans la direction de ces deux soldats.

« C’est inquiétant... le groupe de la troisième princesse est celui duquel appartient Seryanna, » avait déclaré Kléo.

« Que se passe-t-il si ceux soutenant un groupe tombent à zéro ? » avais-je demandé.

« Alors... cet individu, en l’occurrence la troisième princesse, n’aura absolument aucune valeur politique dans le royaume, » avait répondu Kataryna.

« Pourrions-nous rejoindre son groupe ? » demandai-je.

« En tant qu’éveillée supérieur, je le peux, mais toi tu ne peux la joindre qu’en épousant Seryanna, mais même alors, tu ne seras pas considéré comme ayant beaucoup de valeur dans leur monde. D’autre part, Kléo a beaucoup de valeurs dans leurs mondes. D’autre part, Kléo a beaucoup plus de pouvoir politique que la fiancée d’un paladin formé par Brekkar lui-même. Les deux sont des nobles, donc leur statut est beaucoup plus élevé que le tien. Là encore, tu es un humain, ton statut pourrait être vu négativement par certains, » Kataryna m’avait offert une explication plutôt détaillée.

« Pour une raison quelconque, cela me déprime, » je laissai échapper un soupir.

***

Partie 2

Nous avions continué notre tour de la ville, visitant autant de magasins que possible sans passer trop rapidement. Nous voulions profiter de notre petit tour. En même temps, je gardais les yeux ouverts sur tous les endroits appropriés pouvant être utilisés pour un rendez-vous futur avec Seryanna. Malheureusement, cette ville n’était pas très bonne en ce qui concerne les rendez-vous romantiques. Il y avait aussi autre chose que j’avais remarqué ici…

« Est-ce juste moi où les dragons ici agissent un peu différemment les uns par rapport aux autres ? » demandai-je.

« Que veux-tu dire ? » demanda Kataryna.

« Ces deux là-bas… pourquoi le plus gros agit-il comme ça ? » demandai-je en montrant le gros dragon avec de petites ailes vertes dans le dos, grondant un dragon plus jeune avec de grandes ailes bleues.

« Ah ces deux.., » Kataryna laissa échapper un soupir en les voyant.

« Hein ? » J’étais un peu confus.

« Le gros est un noble et l’autre un roturier, » avait-elle expliqué.

« Mais pourquoi le regarde-t-il comme ça ? » demandai-je.

« Ne l’as-tu pas remarqué dans les villes précédentes ? » demanda-t-elle.

« Hein ? Pas vraiment..., » je secouai la tête.

« Eh bien, nous étions ensemble avec grande sœur, une chevalière qui ne juge pas les autres en fonction de la classe, » avait souligné Kléo.

« C’est vrai..., » Kataryna se gratta l’arrière de la tête. « Maintenant que j’y pense, tes chances d’interagir avec les nobles d’un point de vue de roturier étaient… presque inexistantes, » elle haussa les épaules.

« Avec une éveillée supérieure et deux nobles voyageant avec lui, qui le ferait ? » Kléo haussa un sourcil.

« Ça pourrait être une raison, » elle acquiesça.

« Je n’ai pas.. , » je m’étais répété.

« Comme tu le vois, dans cette société, il est normal que les nobles agissent de cette manière. Franchement, d’un point de vue moral, le gros pourrait avoir tord, mais légalement, il a le droit de mépriser le roturier qui est toujours censé s’incliner devant les nobles. Même si tu es vraiment talentueux dans une profession, à moins que tu n’atteignes le rang légendaire ou que tu deviennes un éveillé supérieur, il est probable que la majorité des nobles te traitent comme de la terre. Plus encore, s’ils découvrent que tu n’es pas simplement non éveillé, mais un humain, ils pourraient aller jusqu’à essayer de te tuer, » expliqua-t-elle.

« Aïe… je préférerais éviter ça, » je hochai la tête.

« C’est pour ça que je crois que dès que d’autres nobles découvriront que Seryanna t’aime, ils essaieront de t’enlever. Tuer un être humain n’est en aucun cas un crime à Albeyater ou dans tout autre royaume dragon, » avait souligné Kataryna.

« Super..., » soupirai-je.

« Eh bien, tu as un bon point. Le fait que tu aies soigné Brekkar et que tu aies même obtenu son approbation est suffisant pour au moins te garder en vie, mais à la fin… tout dépend du roi si tu gardes ta tête ou non, » Kléo poussa aussi un soupir.

« C’est pourquoi je déteste la politique, et mon conseil est de ne jamais t’impliquer. Les idiots qui affichent leur noble statut ne peuvent même pas voir le bout de leurs queues, et encore moins juger de leur juste valeur, » grogna Kataryna, montrant son dégoût envers de tels individus.

Maintenant que j’y pensais, sa propre expérience de la politique n’était pas très bonne. Elle avait perdu un ami pour les projets de politiciens qui ne souhaitaient pas l’éveil supérieur d’un dragon d’un élément supérieur, fondamentalement quelqu’un comme Seryanna.

En déglutissant, j’avais fait un vœu dans mon cœur au cas où… Quoi qu’il arrive, je souhaiterais pouvoir sauver Seryanna si elle finit par être en danger à cause du fait qu’elle soit une dragonne supérieure de la haute flamme.

Cela étant dit, nous avions continué notre exploration de la ville, mais au fur et à mesure, nous avions commencé à entendre de plus en plus de rumeurs sur ce nouveau général.

Apparemment, il faisait stationner l’armée de Brekkar en dehors de la ville en attente du tournoi qu’il organisait. Nombreux étaient ceux qui affirmaient qu’il était un génie, tout comme Brekkar autrefois, tandis que d’autres affirmaient qu’il n’était qu’un tricheur avisé. Ce dernier lui avait reproché le fait que de nombreux soldats étaient menacés de licenciement, tandis que d’autres étaient promus s’ils réussissaient bien dans le tournoi. Brekkar valorisait apparemment le commandement, le leadership et les tactiques employées par chaque escouade plus que le pouvoir individuel de chaque soldat. En tant que tels, les commandants faibles ayant de bonnes compétences en leadership avaient souvent de forts soldats sous leur commandement. La façon dont Draejan voulait faire les choses signifiait le contraire.

Nous avions également entendu plus d’une fois que le parti de la troisième princesse s’affaiblissait de jour en jour. En ce moment, il était dit qu’elle n’avait plus qu’un chevalier, Seryanna. Si rien ne changeait dans les années à venir, elle perdrait toute faveur et finirait peut-être par se marier avec une famille ducale ou quelqu’un de la royauté étrangère, comme un prince de l’empire Embryger.

Si les rumeurs atteignaient même les personnes normales autour de nous, alors il était clair qu’elle ne se débrouillait pas très bien, ce qui en soi me préoccupait. Je commençais à sentir de plus en plus comme si j’avais commis une terrible erreur à Toros, que j’aie dû accepter Seryanna telle qu’elle était ou au moins avoir une réaction. Eh bien, ça ne pouvait pas être utile que mon drapeau ne se lève pas, mais j’aurais pu l’empêcher de partir le lendemain... Attends, non, le faire dans la maison du marchand aurait été grossier, mais… au moins, j’aurais pu lui dire que ce que je voyais ne me dérangeait pas et même si j’échouais une fois de plus, je voulais essayer encore et encore jusqu’à ce que le drapeau se lève.

Au lieu de la rassurer sur le fait que je ne l’abandonnerais pas… j’avais agi comme un imbécile. Je n’avais rien dit. Je n’avais même pas essayé de la tâtonner quand nous étions seuls dans la tente.

Il y a quelque chose qui ne va pas avec moi… Je secouai la tête.

Malheureusement, je n’avais aucune idée de quoi, et comme nous revenions à l’auberge, je ne pouvais m’empêcher de remarquer autre chose… où que je regarde, les dragons non éveillés étaient méprisés par tous les éveillés. Peu importe qu’ils soient nobles ou non, les regards étaient les mêmes… à leurs yeux, ne pas avoir été éveillé en tant que dragon était la même chose qu’être encore un enfant, peu importe son âge physique ou mental.

« Ne pas être éveillé est un gros problème pour les dragons, n’est-ce pas ? » déclarai-je d’un ton bas.

« Oui..., » Kataryna hocha la tête.

J’avais poussé un soupir et essayé de détourner le regard. Aujourd’hui, j’avais appris beaucoup de choses, mais j’ai surtout été confronté à la vérité selon laquelle ce monde était très différent de celui d’où je venais. Plus important encore, j’avais réalisé une fois de plus que les dragons étaient une espèce complètement différente de celle des humains. Ils choisissaient leurs partenaires de vie en fonction des éléments qu’ils possédaient et étaient considérés comme adulte, non pas quand ils atteignaient un certain âge, mais lorsqu’ils s’éveillaient. J’avais aussi appris que les gens ne prenaient pas au sérieux ceux ne l’étant pas, à moins qu’ils détiennent une position élevée dans leur société, comme Seryanna détenait le statut de chevalière royale.

En même temps, j’avais appris que, bien que la Terre soit différente de ce monde sous de nombreux aspects… à la fin, ils étaient tous deux gouvernés par les lois encombrantes de la politique. Les jeux politiques pouvaient modifier l’équilibre des pouvoirs ou même faire la différence entre la vie et la mort de certains groupes ou individus.

Je n’étais pas au courant ou peut-être que j’avais simplement ignoré parce que j’en avais peur, mais la vérité était que j’étais humain dans un royaume de dragon, que les deux espèces étaient en guerre. Plus encore, j’étais amoureux d’une dragonne qui servait de chevalière royale à une princesse dont le pouvoir était en train de décliner. Pire encore, la tête de Seryanna aussi pourrait tomber.

Je frissonnais de peur à la pensée même et mon cœur se resserrait à ces pensées contradictoires. Je n’avais aucun pouvoir… pas de réponse dans la ligne de conduite de ce pays. Je ne pouvais rien faire pour arrêter ou sauver si Seryanna était accusée de traîtrise ou même condamnée à mort.

En entrant dans l’auberge Brekkar, nous avions été accueillis par deux soldats portant une armure typique en cotte de mailles et portant à leur taille une épée courte.

« Es-tu celui s’appelant Alkelios ? » À demander l’un d’eux.

« Euh… peut-être ? » répondis-je.

« Réponds avec oui ou non, » me déclara-t-il.

« De quoi s’agit-il ? » demanda calmement Kataryna.

« Nous avons reçu des ordres pour apporter un message à celui qui s’appelle Alkelios, » avait déclaré l’autre soldat.

« D’accord, oui, je suis Alkelios… Quel est le message ? » demandai-je en soupirant.

« Tu es convoqué au palais avec Kataryna Georg et Thrarher… Tahar… la jeune fille de la famille Draketerus. Vous devez vous présenter aux portes demain dès que le soleil sera levé. C’est tout, » déclara-t-il en massacrant le nom de Kléo.

« C’est Thraherkleyoseya, idiot, » leur lança Kléo.

« Toutes mes excuses, » avait-il déclaré, mais il ne semblait pas considérer cela comme une erreur.

« Qui nous a convoqués exactement ? » demandai-je puisque, d’après ces détails, la personne en question aurait même pu être l’agent d’entretien du palace.

« Vous êtes convoqué par Seigneur Draejan Andrakaryus Doesya ! » avait-il déclaré fièrement.

Ah, pas l’agent d’entretien, mais assez proche… génial, avais-je pensé.

Jusqu’à présent, mon impression de ce dragon n’était pas très positive. D’après ce que j’avais entendu, il faisait un désordre total à l’armée de Brekkar, et avait même organisé un tournoi dont le but était de faire encore plus de dégâts.

Je laissai échapper un soupir puis acquiesçai.

« Je pense que je vais décliner, » déclarai-je en souriant.

« Quoi ? Comment peux-tu refuser la convocation de Monseigneur ? Es-tu fou ? » demanda-t-il.

« Euh… mais je ne le connais pas, quel que soit son nom, » je haussai les épaules.

« Si tu oses ne pas respecter le nom de Monseigneur, je n’aurai d’autre choix que de t’embrocher, » avait-il déclaré.

« Est-ce que ça irait si… disons que j’étais son invité ? » demandai-je avec un sourire.

« Urk.., » le dragon s’arrêta et rengaina son épée.

« Très bien… Monseigneur a prévu une telle possibilité, alors dans le cas où cela se produit, il nous a ordonné de te dire que l’honneur de Sire Seryanna est en jeu. Si tu ne veux pas cracher sur son nom, tu devrais accepter la convocation, » déclara-t-il en souriant.

Je plissai les yeux et, alors que j’allais bouger, je sentis une forte poigne sur mon épaule droite. En regardant derrière, j’avais vu Kataryna m’ayant arrêté.

« Nous serons là, » déclara-t-elle à ma place.

« Très bien, » acquiesça-t-il.

« Mais dis-le à la bonne personne. Si je découvre que cette convocation est une blague, je ferai en sorte qu’il paie cher pour cette… impolitesse, » Déclara la dragonne avec un regard froid.

Avant que les soldats aient une chance de répliquer quoi que ce soit, ils frissonnaient à cause de l’air froid autour d’eux.

« N-nous le ferons, » avait déclaré les soldats.

« Bien, » elle sourit et les laissa partir.

Après leur départ, j’avais poussé un profond soupir.

« C’était bien de m’arrêter..., » déclarai-je.

« Tu aurais agi comme un enfant, Alkelios. Je sais que tu te soucies de Seryanna, mais tu n’as aucune force pour te soutenir. Tu dois au moins atteindre le niveau d’éveillé supérieur pour être pris en considération, » elle m’avait fait un sourire et m’avait serré dans ses bras par-derrière. « Mais ne t’inquiète pas, je ne laisserai personne te mordre… si quelqu’un devait le faire, ce sera moi, » elle rit, mais au lieu de me sentir soulagé, je sentis un frisson me parcourir le dos.

Ce qu’elle voulait dire par me « mordre » n’était pas du tout agréable, elle parlait en fait… de me faire du mal.

Peut-être qu’est-ce juste mon imagination ? Je me demandais.

 

***

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